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Salaires : Force ouvrière dresse un premier bilan de la mise en place de la nouvelle classification
David Brousseau, secrétaire fédéral de la branche Pharmacie d’officine chez Force ouvrière (FO), dresse un premier état des lieux de l’application de la nouvelle classification des salaires, entrée en vigueur début novembre, et se projette sur les prochaines négociations de la valeur du point. Interview.
C’est une réalité depuis le 1er novembre 2025 : la nouvelle grille de classification s’applique désormais à tous les salariés de l’officine. Si les employeurs avaient pour recommandation d’informer leurs équipes en amont par courrier, précisant l’ancien et le nouveau positionnement dans la grille des salaires, la transition suscite encore des interrogations. David Brousseau, préparateur en pharmacie et secrétaire fédéral du syndicat Force ouvrière (FO), répond aux inquiétudes et défend une réforme tournée vers l’avenir.
Pour rappel, FO participe aux négociations de la branche officine avec les syndicats patronaux aux côtés des autres syndicats représentatifs de salariés : la CGT (Confédération générale du travail), la CFDT (Confédération française démocratique du travail), l’Unsa (Union nationale des syndicats autonomes), la CFE-CGC (Confédération française de l’encadrement – Confédération générale des cadres) et la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens).
La nouvelle classification des emplois de l’officine est en vigueur depuis le 1er novembre. Quels sont les retours du terrain ? Les salariés s’y retrouvent-ils ?

Les employeurs jouent-ils le jeu ?
Les employeurs essaient aux-aussi de s’y retrouver. Des pharmaciens titulaires nous ont par exemple demandé de lever les restrictions d’usage du simulateur de coefficient FO (NDLR : l’outil est normalement limité à une seule demande) pour clarifier la situation des membres de leur équipe, et aussi pour vérifier l’interprétation de leur comptable… Quoi qu’il en soit, la nouvelle classification n’est pas optionnelle, elle doit être obligatoirement appliquée dans toutes les officines et nous y veillons. C’est le message que je souhaite faire passer aux adjoints et aux préparateurs.
La nouvelle classification n’étant pas rétroactive, certains salariés expérimentés se sentent lésés de ne pouvoir progresser au mieux que d’un coefficient. Que leur répondez-vous ?
Il faut être lucide sur la réalité de la négociation : demander la rétroactivité de la nouvelle grille est une ligne rouge pour les syndicats patronaux. D’ailleurs, aucune évolution de la classification n’a par le passé été rétroactive ou compensatoire. Ce que je dis aux salariés, c’est que la grille est obligatoire, mais c’est un minimum : rien ne les empêche de négocier au cas par cas pour obtenir plus. N’oublions pas non plus que les progressions étaient auparavant bloquées en fin de carrière. Les pharmaciens adjoints de position I, qui plafonnaient au coefficient 500, progressent désormais de manière automatique jusqu’au coefficient 550, et ceux qui sont titulaires d’un DU (diplôme universitaire) commencent au 520 au lieu du 500. De même pour les préparateurs : leur avancement automatique dans la grille s’arrêtait au coefficient 320. Depuis ce mois de novembre, le coefficient 330 (statut assimilé cadre) est de droit au bout de cinq années de pratique professionnelle au coefficient 320, alors qu’il était avant attribué sur décision de l’employeur. L’évolution se poursuit jusqu’au coefficient 350, avec la possibilité d’atteindre le coefficient 400 et le statut cadre.
Justement, le coefficient 400 qui octroie le statut cadre aux préparateurs est à la discrétion de l’employeur. Dans les faits, est-il réellement attribué ?
Oui, ça fonctionne. Sur la quarantaine de dossiers de préparateurs au coefficient 330 que j’ai pu suivre personnellement depuis le début du mois, les deux tiers ont obtenu le passage au statut cadre. Le fait d’avoir inscrit ce coefficient 400 noir sur blanc dans la convention collective change la donne dans un métier où les perspectives d’évolution étaient trop limitées. Plus d’autonomie, plus de responsabilités, un rôle plus important dans le parcours patient, les préparateurs ont désormais un objectif clair et atteignable à faire valoir auprès de leur direction. C’est un levier de reconnaissance.
Des négociations sur les salaires sont-elles prévues pour 2026 ?
Nous mettrons la question de la valeur du point sur la table lors de notre prochaine discussion avec les chambres patronales à l’occasion de la CPPNI (Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation) prévue le 15 décembre. Pour la suite, les discussions se poursuivront probablement sur janvier et février 2026. Je tiens à rappeler que beaucoup a été obtenu en 2025, avec 2,9 % d’augmentation de la valeur du point en tout depuis novembre 2024 et l’accord sur la classification. Mais nous savons que l’attente reste forte. L’enjeu sera d’obtenir une revalorisation globale cohérente avec les nouveaux coefficients. Nous allons donc ouvrir la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur plusieurs fronts : la valeur du point, donc, mais aussi l’ancienneté et les droits sociaux, comme les jours de congé pour enfants malades ou les congés exceptionnels (décès du conjoint, mariage d’un frère, etc.).
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