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Protections périodiques réutilisables : ce que les pharmaciens doivent concrètement appliquer dès maintenant
Publié au Journal officiel du 18 avril 2026, le décret n° 2026-288 du 17 avril 2026 donne corps à une mesure inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024. Les protections périodiques réutilisables entrent dans le champ de la prise en charge par l’Assurance maladie. Mais cette ouverture s’accompagne d’un encadrement serré, à la fois sanitaire, économique et organisationnel.
Le texte est d’application immédiate. Pour les officines, il s’agit d’un cadre à intégrer sans délai.
Le décret circonscrit le champ des protections périodiques réutilisables éligibles au remboursement à deux catégories : les coupes menstruelles et les culottes menstruelles, écartant de facto l’ensemble des autres dispositifs disponibles sur le marché. Ce choix contraste avec la diversité de l’offre aujourd’hui disponible et traduit une volonté de cadrage dans un marché encore peu structuré sur le plan réglementaire.
La définition juridique de la protection périodique réutilisable reste large, englobant tout dispositif lavable ou stérilisable destiné à absorber ou collecter les flux menstruels. Mais cette ouverture théorique est immédiatement contenue par la liste limitative des produits effectivement remboursables.
Un remboursement calibré, entre soutien et responsabilisation
Le taux de prise en charge est fixé entre 35 % et 45 %, un niveau intermédiaire qui traduit un soutien à l’accès sans aligner ces produits sur le régime des dispositifs médicaux remboursés. Les prix de vente et les tarifs seront arrêtés ultérieurement par les pouvoirs publics. C’est à ce moment que se jouera l’équilibre économique du dispositif, tant pour les officines que pour les industriels.
Un ciblage assumé des bénéficiaires
Le décret restreint l’accès au remboursement aux assurées de moins de 26 ans et aux bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire.
La prise en charge est limitée à deux produits par an, selon un calcul en année glissante à partir de la première délivrance.
Pour les pharmaciens, cette règle impose un suivi précis des droits ouverts pour chaque patiente. En cas de dépassement, le risque de rejet de la prise en charge est réel, ce qui place la dispensation sous contrainte administrative supplémentaire.
Une régulation industrielle qui reconfigure le marché
L’accès au remboursement repose sur un dispositif de référencement exigeant. Chaque produit devra démontrer sa conformité à des critères techniques précis, portant notamment sur sa composition, sa capacité d’absorption, sa durabilité ainsi que ses conditions de fabrication et de distribution.
Ce cadre élève le niveau d’exigence et modifie les équilibres du marché. Il avantage les industriels capables de documenter leurs produits et de répondre à des standards élevés, au détriment d’une offre plus diffuse ou moins structurée.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail est également saisie pour apprécier et préciser les critères les plus sensibles, notamment ceux relatifs à la composition des matériaux, à l’innocuité des substances utilisées et aux conditions d’usage des produits. Concrètement, elle peut formuler des recommandations sur les exigences techniques minimales à respecter, afin de sécuriser leur mise sur le marché.
Pharmacies d’officine : un rôle pivot, mais temporaire
Le décret prévoit une disposition transitoire forte. Jusqu’au 31 décembre 2028 au plus tard, la prise en charge est conditionnée à une délivrance en pharmacie d’officine. Si cette exclusivité crée une opportunité de fréquentation, elle s’accompagne toutefois d’exigences nouvelles comme le suivi des droits annuels, la gestion des stocks, la pédagogie auprès des patientes. Au-delà de 2028, le cadre pourrait évoluer. Le texte laisse ouverte la possibilité d’un élargissement des circuits de distribution.
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