1/3 – Points clés : maladies et prise en charge

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1/3 – Points clés : maladies et prise en charge

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Publié le 27 mars 2026
Par Chloé Marchal
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La rougeole, les oreillons et la rubéole sont trois infections virales hautement contagieuses, transmises principalement par voie respiratoire, avec des manifestations cliniques souvent fébriles et éruptives. Détails sur leur diagnostic et la prise en charge visant à en limiter la propagation.

La rougeole

Maladie à déclaration obligatoire, la rougeole est une infection extrêmement contagieuse due à un virus du genre morbillivirus de la famille des Paramyxoviridae. Elle touche plus fréquemment les enfants mais peut être contractée à tout âge. La généralisation de la vaccination a permis de diminuer drastiquement le nombre de cas, néanmoins, faute d’une couverture vaccinale suffisante, le virus continue de circuler et donne lieu à des épidémies ponctuelles.

Transmission

La rougeole se transmet exclusivement entre humains, directement via des gouttelettes des voies aériennes (toux, éternuement, contact étroit, etc.) ou par l’intermédiaire d’objets contaminés. La période de contagiosité s’étend de 5 jours avant l’éruption cutanée à 5 jours après. 1 personne infectée peut contaminer 15 à 20 autres individus.

Signes cliniques

Après une incubation de 10 à 12 jours, la phase d’invasion dure environ 4 jours et se manifeste par une fièvre élevée (+ 39-40 °C) avec toux, rhinite, conjonctivite et fatigue intense. Le signe de Koplik (taches gris blanchâtre sur la muqueuse buccale) est caractéristique mais inconstant.

La phase d’état (4-5 jours) est caractérisée par l’éruption cutanée maculo-papuleuse (petites taches très rouges planes ou surélevées qui deviennent confluentes tout en ménageant des intervalles de peau saine) qui débute derrière les oreilles et sur le visage puis s’étend au corps. Fièvre et toux sont encore présentes.

L’évolution est généralement favorable en une dizaine de jours. Le malade acquiert une immunisation définitive.

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Complications

Présentes dans 30 % des cas, les complications concernent principalement les moins de 1 an, les adolescents, les adultes et les femmes enceintes.

Si certaines sont bénignes telles qu’une otite aiguë, d’autres peuvent être graves voire mortelles comme une pneumopathie virale ou bactérienne (surinfection) ou, au niveau neurologique, une encéphalite aiguë pouvant entraîner la mort ou laisser des séquelles graves (des troubles mentaux ou une paralysie). La panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS), survenant plusieurs années après l’infection, provoque une dégénérescence lente du système nerveux central constamment mortelle. La kératoconjonctivite, qui peut mener à la cécité, concerne les pays en développement.

La rougeole chez la femme enceinte expose à un risque accru de complications pneumologiques pour la mère mais aussi d’accouchement prématuré et de mort in utero. La rougeole congénitale, chez le nouveau-né infecté en fin de grossesse, ou néonatale, contractée après la naissance, est particulièrement à risque de complications graves voire mortelles pour le nourrisson.

Diagnostic

Toute suspicion de rougeole doit donner lieu à une confirmation par examen biologique à la recherche d’anticorps (sérologie IgM, IgG) ou d’ARN viral (par polymerase chain reaction pour réaction de polymérase en chaîne – PCR), et à un signalement à l’agence régionale de santé (ARS) sans attendre les résultats. Un cas positif entraîne l’éviction immédiate du malade de la collectivité jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption et la vérification du statut vaccinal des sujets-contacts (pendant la période de contagiosité, 5 jours avant ou après l’éruption). Une vaccination post-exposition dans les 72 heures suivant le contact voire l’administration d’immunoglobulines chez les sujets à risque non immunisés est indiquée.

Prise en charge

En l’absence de traitement spécifique, la prise en charge est uniquement symptomatique avec surveillance étroite de l’évolution en raison du risque de complications. Des lavages de nez en cas de rhinite et des lavages oculaires au sérum physiologique en cas de conjonctivite sont préconisés.

La rougeole en chiffres

L’effondrement des cas en 2021, dû aux confinements et aux mesures barrières, a été suivi d’une période de basse circulation de la rougeole, de sorte que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait octroyé à la France le statut de pays ayant interrompu la circulation endémique de la rougeole pour les années 2022 et 2023. La France a perdu ce statut en 2024 et 2025 du fait d’une recrudescence des cas, dans un contexte d’épidémie mondiale et en grande partie, pour la France, à partir de cas importés.

Les données issues des déclarations obligatoires indiquent qu’en 2025, 873 cas de rougeole ont été déclarés, contre 483 en 2024 et 117 en 2023. Parmi eux, 36 % ont nécessité une hospitalisation et 14 % ont présenté une complication (70 cas de pneumopathie et 2 cas d’encéphalite) ; 4 décès attribués à la rougeole sont survenus chez des patients immunodéprimés. L’âge médian des cas était proche de 17 ans et près de 70 % n’étaient pas vaccinés ou n’avaient reçu qu’une seule dose.

Les oreillons

Les oreillons sont dus à un virus du genre rubulavirus dit virus « ourlien », de la famille des Paramyxoviridae. Cette maladie habituellement infantile – mais pouvant toucher toute tranche d’âge – était la première cause de méningite virale chez l’enfant avant la vaccination généralisée. Elle a aujourd’hui pratiquement disparu grâce au vaccin, mais des cas exceptionnels sont recensés chez les jeunes adultes, la plupart vaccinés et dont l’immunité a diminué, en particulier dans les collectivités où les contacts sont étroits.

Transmission

Comme la rougeole, la maladie se transmet exclusivement entre humains par voies aériennes, via un contact direct ou indirect. La période de contagiosité du virus s’étend de 2 jours avant et jusqu’à 4 jours après le début des symptômes.

Signes cliniques

Dans près de 30 % des cas, la maladie est asymptomatique. Dans le cas contraire, après une incubation de 15 à 24 jours, la phase d’invasion, brève (1 ou 2 jours), débute brutalement, marquée par une fièvre associée à des otalgies et à une gêne à la mastication.

La phase d’état, caractéristique, se manifeste par une parotidite (inflammation des glandes parotides) douloureuse, unilatérale puis souvent bilatérale, parfois associée à une atteinte des autres glandes salivaires. La parotide gonflée donne au visage un aspect en forme de poire et s’accompagne d’otalgies, de gêne pour déglutir ou parler et de signes infectieux (fièvre, céphalée, asthénie). Les symptômes disparaissent en 8 à 10 jours. L’immunité acquise est durable.

Parotidite liée à une infection par le virus ourlien.© Getty Images – Parotidite liée à une infection par le virus ourlien.

Complications

Les rares complications, associées ou non à la parotidite, sont plus fréquentes chez les adolescents et les adultes. Il s’agit d’atteintes glandulaires extrasalivaires, notamment une orchite (inflammation testiculaire, le plus souvent unilatérale), rare et conduisant exceptionnellement à une atrophie testiculaire, ou une pancréatite ourlienne le plus souvent légère (douleurs abdominales) et qui guérit sans séquelles.

Sur le plan neurologique, une méningite d’évolution favorable sans séquelles survient dans plus de 15 % des cas, les encéphalites étant rares. Une atteinte des nerfs auditifs est possible, pouvant rarement conduire à une perte d’audition qui peut être totale (cophose) et durable.

Chez la femme enceinte, l’infection est associée à un risque accru d’avortement spontané pendant le 1er trimestre.

Diagnostic

La plupart des parotidites actuellement observées étant non ourliennes, le diagnostic s’appuie sur la recherche d’ARN viral. L’éviction du malade de la collectivité n’est pas obligatoire, bien qu’elle soit recommandée pendant la période aiguë de l’infection. Le statut vaccinal de l’entourage et des personnes fréquentant la même collectivité que le malade doit être vérifié et mis à jour si nécessaire. Dans les situations de cas groupés en collectivité, une 3dose de vaccin ROR est recommandée aux personnes vaccinées depuis plus de 10 ans.

Prise en charge

Le traitement est uniquement symptomatique avec une prise en charge de la fièvre et des douleurs, et une surveillance des éventuelles complications (tels le gonflement d’un testicule, des douleurs abdominales ou des céphalées anormales).

Traiter la fièvre lors d’une infection virale

L’utilisation d’un antipyrétique peut être envisagée si la fièvre est mal supportée. Le paracétamol est alors la molécule à privilégier. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui peuvent masquer les symptômes infectieux et favoriser la survenue de complications, doivent être évités. Bien que les éruptions cutanées soient différentes, le diagnostic de la varicelle doit particulièrement être écarté, infection durant laquelle les AINS sont contre-indiqués en raison du risque de complications cutanées graves.
Des mesures simples peuvent soulager le malade : ne pas trop se couvrir, boire de l’eau régulièrement, aérer la pièce, maintenir la température ambiante à + 19 °C.

La rubéole

La rubéole est une maladie infectieuse à déclaration obligatoire, due à un rubivirus strictement humain de la famille des Togaviridae. Elle touche le plus souvent les enfants et jeunes adultes mais peut être contractée à tout âge. Généralement bénigne en population générale, elle peut avoir des conséquences dramatiques dans le cadre de la grossesse.

La rubéole en chiffres

Grâce à la vaccination, la rubéole a presque disparu en France. Le nombre d’infections maternelles a diminué de 80 %, entre 2001 et 2016. Les derniers chiffres publiés recensent 3 cas de rubéole confirmés sur la période 2019-2021, aucun depuis 2020 sauf 1 cas en 2024, contre 6 et 10 cas en 2017 et 2018. L’OMS considère que la France a éliminé la rubéole.

Transmission

Le mode de transmission du virus est identique à celui de la rougeole et des oreillons.

Une personne infectée peut propager le virus de 7 jours avant l’éruption cutanée et jusqu’à 14 jours après.

Signes cliniques

Dans 50 % des cas, la rubéole est asymptomatique. Sinon, après une incubation qui dure de 14 à 23 jours, la phase d’invasion débute par une fièvre modérée accompagnée de maux de tête, d’une pharyngite, d’une conjonctivite et d’adénopathies derrière les oreilles et dans le cou.

La phase d’état, 1 à 7 jours après, est caractérisée par une éruption cutanée rose pâle maculeuse (lésions planes) débutant au visage puis s’étendant en moins de 24 heures au tronc et aux membres.

Les symptômes disparaissent en général 3 jours après l’éruption, hormis les adénopathies qui peuvent persister 1 ou 2 semaines. Le malade acquiert une immunité durable.

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Complications

Les complications, rares en population générale, consistent en une atteinte articulaire (surtout chez les femmes) durant quelques jours, une encéphalite de pronostic favorable ou une thrombopénie. Le principal risque et la gravité de la rubéole concernent la grossesse.

La rubéole congénitale

La contamination. Le virus de la rubéole peut passer la barrière placentaire, y compris si la mère est asymptomatique. Le risque de contamination fœtale est de 90 % avant la 11e semaine d’aménorrhée (SA) puis de 25 % entre la 24e et la 26e SA avant de ré-augmenter au 3e trimestre.

Les risques. Outre un risque accru de mort in utero et de fausse couche, la rubéole congénitale expose à un risque de graves malformations embryonnaires, maximal avant la 11e SA (70 à 100 %) puis progressivement régressif. Ces malformations peuvent être à l’origine d’atteintes oculaires, de déficits de l’audition (jusqu’à la surdité), de malformations cardiaques et/ou d’un retard psychomoteur. Après la 18e SA, l’infection maternelle n’affecte plus l’embryogenèse mais expose le fœtus à la prématurité et à un retard de croissance, plus ou moins associé à une hépatosplénomégalie, un purpura thrombopénique et une anémie hémolytique.

La surveillance. Au début de la grossesse, une sérologie recherche les anticorps pour déterminer si la mère est immunisée contre la rubéole. Si elle ne l’est pas, une nouvelle sérologie est réalisée à 20 SA. En cas de contact avec une personne potentiellement infectée, 2 sérologies sont réalisées à 3 semaines d’intervalle. En cas de primo-infection pendant la grossesse, la femme enceinte doit bénéficier de bilans et d’un suivi médical complémentaire.

Diagnostic

Devant des signes cliniques peu spécifiques et absents dans 1 cas sur 2, une confirmation biologique (recherche du virus ou d’anticorps IgM) est recommandée en cas de suspicion de contage (possible exposition), particulièrement de la femme enceinte, et essentielle en cas de signes cliniques maternels ou signes évocateurs à l’échographie. Un cas confirmé doit être déclaré obligatoirement à l’ARS. En collectivité, l’éviction du malade n’est pas obligatoire, mais il convient d’informer la collectivité et de conseiller aux femmes enceintes de consulter un médecin.

Prise en charge

La prise en charge est symptomatique pour soulager la fièvre et les douleurs. Des lavages oculaires sont conseillés en cas de conjonctivite.

Avec l’aimable collaboration du Pr Daniel Floret, pédiatre, ex-président du Comité technique des vaccinations et ex-vice-président de la Commission technique des vaccinations.

Article issu du cahier formation n°3602, paru le 28 mars 2026.

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