4/5 – Orthèses de poignet, de la main et des doigts : immobiliser pour réduire les douleurs

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4/5 – Orthèses de poignet, de la main et des doigts : immobiliser pour réduire les douleurs

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Publié le 24 avril 2026
Par Angélique Seguin
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En immobilisant une ou plusieurs articulation de la main, les orthèses permettent de réduire les douleurs. Le choix du dispositif repose alors sur l’étiologie et le renfort souhaité.

Les orthèses de poignet, de main et des doigts soutiennent une ou plusieurs articulations, dans un contexte traumatique (entorses, fractures, luxations, par exemple), rhumatologique (notamment rhizarthrose), neurologique (syndrome du canal carpien) ou inflammatoire (tendinopathies, etc.), avec un effet antalgique conséquent. Elles associent généralement des matériaux textiles à des renforts rigides ou semi-rigides (éclisses, baleines, inserts). La plupart des modèles de série sont statiques, avec maintien en position fixe, et sont couramment qualifiés d’attelles en raison de leur fonction d’immobilisation.

Les orthèses

Poignet

Les orthèses strictement de poignet, type « poignet de force », sont rares et ont des indications limitées aux séquelles ou à la prévention lors d’activités à risque.

Poignet-main

Les orthèses de série concernent généralement le poignet et la main.

Description

Elles ont la forme d’une gaine généralement en textile (certaines peuvent être en matériaux thermoformables), munie d’une éclisse palmaire, parfois associée à des éléments semi-rigides dorsaux et/ou latéraux. Elles peuvent être tubulaires (à enfiler) ou à ouverture totale, fermées par des sangles autoagrippantes.

Intérêts

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Elles permettent d’immobiliser totalement ou partiellement le poignet et la main en position neutre ou fonctionnelle (permettant la pince), en laissant la liberté aux doigts. La mise au repos temporaire à visée antalgique réduit les contraintes ligamentaires et tendineuses, notamment dans les entorses. Portées la nuit, elles peuvent éviter de dormir en position de flexion du poignet (facteur d’augmentation de la pression intracanalaire), et limiter ainsi la symptomatologie d’un syndrome du canal carpien.

Modèles

Les orthèses souples, élastiques avec une éclisse palmaire semi-rigide, stabilisent l’articulation et peuvent aider à réduire l’œdème par compression en cas de tendinopathie, d’entorse ou d’arthrose légère ou en prévention de récidives lors d’activités à risque. Les orthèses semi-rigides à rigides (dites souvent attelles poignet- main ou « poignet rigide ») permettent une immobilisation variable selon la nature du matériau et l’adjonction de sangles de serrage. Les modèles les plus longs, dont le bras de levier dépasse généralement de 16 cm, assurent une immobilisation stricte en phase aiguë ou postopératoire, et peuvent se substituer à une immobilisation plâtrée.

Poignet-pouce

Description

Les orthèses poignet-pouce immobilisent de façon identique aux précédentes, mais contiennent en plus l’articulation métacarpophalangienne du pouce, le pouce étant parfois soutenu par une éclisse radiale additionnelle. Le pouce est le plus souvent en position de repos (en légère abduction), mais il peut être placé en position de fonction ou en abduction franche dans certaines indications.

Intérêts

L’orthèse stabilise le poignet et le pouce, limite les mouvements douloureux et réduit ainsi les contraintes mécaniques sur l’articulation trapézométacarpienne (à la base du pouce), notamment lors d’entorse, de tendinopathie comme la ténosynovite de De Quervain (inflammation de la gaine des tendons du pouce au bord extérieur du poignet) ou de rhizarthrose.

Modèles.

Les modèles de série sont le plus souvent préformés, d’autres nécessitent de conformer l’éclisse radiale selon le positionnement désiré pour le pouce. La partie autour du pouce peut être amovible pour une utilisation évolutive (poignet-pouce vers poignet-main).

Pouce

Les orthèses de pouce, dites « de rhizarthrose », sont plus courtes et parfois entièrement en matériaux rigides préformés pour immobiliser sélectivement l’articulation trapézométacarpienne, voire l’articulation métacarpophalangienne en cas d’arthrose du pouce. La gaine, fermée par des bandes autoagrippantes autour du poignet et de la première phalange du pouce, s’oppose à l’adduction du pouce (notamment présente en cas d’arthrose), le maintien dans une position de repos ou d’abduction contribuant à soulager l’inflammation. Les modèles rigides sont utilisés en phase douloureuse afin d’assurer une immobilisation stricte, alors que les plus souples sont employées pour stabiliser l’articulation lors des activités.

Poignet-main-doigts

Les orthèses d’immobilisation de la main et d’un ou plusieurs doigts longs en position de fonction (légère flexion) immobilisent généralement le poignet de façon conjointe. Dites « de Thomine » ou « Boxer », elles comportent une éclisse palmaire et/ou dorsale permettant de soutenir et d’immobiliser à la fois les doigts et les métacarpiens. Elles sont utilisées principalement lors de fractures métacarpiennes. Les attelles thermoformées, réalisées par un pharmacien formé ou un orthopédiste-orthésiste, sont souvent préférées aux modèles de série.

Doigts

Les attelles digitales, maintenues par un sparadrap ou une bande de contention, immobilisent uniquement une ou plusieurs articulations d’un doigt long.

L’attelle de Stack

est indiquée dans les lésions de l’articulation interphalangienne distale (IPD), notamment dans le doigt en maillet ou « mallet finger » (rupture du tendon extenseur au niveau de la dernière phalange). En plastique rigide tubulaire, elle maintient l’articulation interphalangienne distale en extension stricte, l’articulation interphalangienne proximale restant libre.

Les attelles aluminium-mousse,

aussi appelées « alu-mousse » ou « du Dr Iselin », conformables et découpables, se composent d’une tige en aluminium recouverte de mousse. Elles permettent une immobilisation rapide, notamment en urgence.

Les attelles « Grenouille » et « Baseball »,

en aluminium, modelables, capitonnées de mousse, maintiennent les articulations interphalangiennes distales et proximales grâce à des ailettes latérales. Le modèle Baseball, recourbé à son extrémité, permet le maintien en flexion.

Les attelles de syndactylisation,

en plastique, silicone ou tissu, sont composées d’un ou deux anneaux élastiques qui stabilisent un doigt en l’associant au doigt adjacent, utilisé comme un tuteur. Elles sont indiquées dans les entorses bénignes ou en reprise d’activité.

Délivrer

Choix du modèle

Le choix nécessite une évaluation du segment à immobiliser et une adaptation de l’orthèse à la morphologie du patient, sauf pour les orthèses souples ou semi-rigides de reprise d’activité qui peuvent être conseillées à l’officine. L’avis d’un médecin, d’un pharmacien titulaire d’un diplôme universitaire d’orthopédie ou d’un orthopédiste-orthésiste est nécessaire. La présence d’un pansement, d’un œdème ou de difficultés de préhension oriente vers des modèles à ouverture complète. L’orthèse, courte ou longue, doit couvrir entièrement la zone lésée en postopératoire. Les pathologies complexes ou les immobilisations spécifiques requièrent souvent la confection d’orthèses thermoformées.

Prise de mesures

Selon le modèle, elle porte sur la circonférence du poignet, qui est mesurée au pli de flexion à même la peau, parfois du pouce (en dessous de l’articulation interphalangienne) et/ou à la largeur de la paume. La taille des attelles digitales est généralement déterminée par la longueur et la largeur du doigt concerné. Les attelles digitales peuvent être bilatérales, tandis que les orthèses de série englobant le poignet ou la main sont majoritairement latéralisées.

Essayage

Indispensable, il permet de vérifier le bon positionnement de l’éclisse, les capacités du patient à mettre en place l’orthèse seule, et l’absence de compression excessive. La main est placée à plat dans l’orthèse, le pouce dans l’évidement ou le manchon prévu (comme un gant), l’éclisse palmaire alignée avec le poignet avant l’ajustement progressif des sangles. L’immobilisation doit être efficace, tout en restant confortable, sans douleur ou point d’appui. Les éclisses palmaires modelables doivent être conformées de façon à soutenir la paume. Dans certaines situations où les articulations doivent être placées dans un angle spécifique de flexion, d’extension ou d’abduction, la mise en place, le modelage et l’ajustement doivent être réalisés par un professionnel de santé formé à l’appareillage, notamment un orthopédiste-orthésiste ou un pharmacien avec un diplôme universitaire (DU) d’orthopédie.

Prise en charge

Sur prescription d’un médecin (ou d’un kinésithérapeute pour les modèles souples uniquement), si l’orthèse est inscrite au titre 2 de la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) dans les « Appareils divers de correction orthopédique » dans diverses catégories selon le segment concerné et la fonction. Le tarif LPP varie selon les modèles, sans prix limite de vente au public. Les orthèses de doigts de série ne sont pas remboursées.

Suite..

Conseiller

Port

Le port doit respecter la prescription médicale : continu ou uniquement lors des activités sollicitantes. Les orthèses pour rhizarthrose ou syndrome du canal carpien sont classiquement prescrites en port nocturne, sur une longue durée pour observer une amélioration. L’orthèse s’applique sur peau propre et sèche. Surveiller l’apparition de douleurs, de fourmillements ou d’un gonflement. Les articulations non immobilisées doivent être activées régulièrement, afin de prévenir l’enraidissement en cas de port prolongé.

Entretien

L’orthèse se lave à la main ou en machine à + 30 °C, avec un savon neutre, après fermeture des bandes autoagrippantes. Le séchage s’effectue à l’air libre, à distance d’une source de chaleur. Les éléments amovibles sont remis en place après séchage complet.

Avec l’aimable collaboration du Syndicat national de l’orthopédie française (SNOF) et du Dr Mehdi Ducasse, chirurgien de la main et du membre supérieur, chef de clinique des hôpitaux de Caen (Calvados).

​​​​​​Article issu du cahier Formation n° 3606, paru le 25 avril 2026.

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