3/5 – Orthèses de l’épaule et du coude : limiter les mouvements articulaires

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3/5 – Orthèses de l’épaule et du coude : limiter les mouvements articulaires

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Publié le 24 avril 2026
Par Angélique Seguin
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Les orthèses de l’épaule et du coude visent à limiter les mouvements articulaires afin de réduire la douleur et favoriser la cicatrisation des tissus. Le choix du modèle dépend de la pathologie et de son évolution, de la morphologie et de l’autonomie du patient.

Orthèses de l’épaule

L’épaule est un complexe très mobile, point de rencontre de la clavicule, de l’omoplate (scapula) et de la tête de l’humérus, articulées entre elles grâce à des muscles, tendons, ligaments et cartilages, dont la coiffe des rotateurs et la capsule qui sont souvent le siège de lésions. Cet équilibre est fragile et les atteintes fréquentes, d’origine traumatique, rhumatologique, inflammatoire ou neurologique comme l’hémiplégie douloureuse postaccident cérébral vasculaire. Les orthèses de série limitent les mouvements délétères, soulagent la douleur, et favorisent la cicatrisation des tissus.

Les modèles

Les orthèses de série, généralement ambidextres, reposent sur un système de manchon textile et de sangles ajustables, munies de surfaces autoagrippantes. Elles déchargent l’épaule en maintenant le coude fléchi le long du corps ou en abduction selon un angle défi ni. Il n’y a pas de classification officielle, les dénominations commerciales (écharpe, gilet, attelle, par exemple) ne renvoyant pas toujours au même type d’orthèse. On peut néanmoins les distinguer selon le type de maintien et le degré d’immobilisation.

Maintien du coude au corps

L’écharpe simple, manchon suspendu par des bretelles ou des sangles, peu contraignante, permet de conserver une certaine liberté de mouvement. Les écharpes dites « coude-au-corps », « de Dujarrier » ou « Mayo-clinic » assurent une contention supérieure, le coude étant fléchi à 90°, collé au corps par une contre-écharpe ou une sangle ventrale. Les gilets d’immobilisation sont en plus munis d’une bande de tissu, qui englobe l’épaule et le bras, pour une immobilisation renforcée.

Maintien du coude en abduction

Des orthèses maintiennent le bras écarté du corps grâce à un coussin en mousse ou gonflable, ou à des supports rigides. Elles sont principalement indiquées en postopératoire pour immobiliser le bras en abduction (15 à 30°, parfois jusqu’à 60°), l’épaule en position neutre ou, plus rarement, en rotation externe.

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Anneaux claviculaires

Encore appelées « sangles acromioclaviculaires », ces orthèses en forme de « 8 » avec deux sangles croisées dans le dos, maintiennent les épaules légèrement en arrière, et favorisent le réalignement de la clavicule.

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Choix du modèle

Il dépend de la pathologie et de son évolution, de la morphologie et de l’autonomie du patient. Le choix du modèle est donc du ressort du prescripteur : l’immobilisation stricte est davantage indiquée en phase aiguë et en postopératoire, les autres en phase de rééducation ou pour un port prolongé.

Prise de mesure

Certaines orthèses sont entièrement réglables, d’autres se déclinent par tailles et nécessitent des mesures selon l’indication, le plus souvent tour de poitrine et longueur de l’avant-bras. Attention de commander le bon côté quand l’orthèse n’est pas bilatérale !

Essayage

Il est indispensable, sauf pour les modèles de maintien en abduction et les anneaux claviculaires mis en place par le praticien prescripteur en urgence ou en postopératoire. Le bras doit être correctement soutenu, la main légèrement plus haute que le coude. Les sangles de la contre-écharpe doivent immobiliser sans compression ni douleurs. Les sangles sont ajustées puis coupées, si besoin. Il est nécessaire de vérifier l’autonomie du patient et, si besoin, lui demander de venir avec un proche pour fournir les explications.

Prise en charge

Sur prescription d’un médecin (ou d’un kinésithérapeute pour les modèles souples uniquement), si l’orthèse est inscrite au titre 1 de la liste des produits et prestations remboursables, la LPPR (dénomination générique « Gilet de série pour contention et immobilisation scapulohumérale »). Le tarif de base est identique pour tous (15,24 €), sans prix de vente réglementé.

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Port

Selon les indications du médecin, le port est diurne et/ou nocturne, strict ou non (l’orthèse peut être retirée pour la rééducation), afin de limiter le risque de déplacement après réparation mais aussi une raideur secondaire à un excès de port. L’orthèse peut se porter à même la peau ou sur un vêtement fin. Il faut encourager le patient à mobiliser régulièrement le poignet et les doigts pour lutter contre la raideur et surveiller la tolérance (douleurs, fourmillements, œdème, etc.). Le décubitus dorsal est recommandé pour dormir.

Entretien

Selon les indications du fabricant, à la main ou à la machine à + 30 ou + 40 °C au maximum, avec un savon doux. Bien rincer, essorer sans tordre, laisser sécher à l’air libre.

Orthèses du coude

Articulation qui relie l’humérus, le radius et le cubitus (ou ulna), le coude permet les mouvements de flexion-extension et de pronosupination (rotations de l’avant-bras). Certaines orthèses sont destinées à immobiliser ou limiter l’amplitude des mouvements de l’articulation, d’autres dites « dynamiques » à la soutenir pendant le mouvement. Elles sont essentiellement indiquées en traumatologie, en périopératoire et en cas de tendinopathies.

Les modèles

Les orthèses de coude

Dites aussi « coudières » ou « attelles de coude », elles associent des éléments rigides ou semi-rigides à des textiles renforcés, maintenus par des sangles autoagrippantes. Certaines se prolongent sur le poignet et la main pour une immobilisation conjointe, et/ou sont munies d’une sangle en écharpe pour soutenir le bras. Elles peuvent être « monoblocs », intégrant des baleines qui assurent l’immobilisation ou en 2 parties, alors munies d’une éclisse articulée permettant une immobilisation stricte ou partielle.

Les orthèses d’immobilisations strictes

maintiennent le coude en extension ou en flexion, le plus souvent à 90°. Elles s’utilisent surtout en phase aiguë ou en postopératoire.

Les orthèses articulées

autorisent les mouvements avec un réglage précis de l’amplitude grâce à des butées graduées. Elles accompagnent la récupération progressive des mobilités, notamment en postopératoire.

Les orthèses antiépicondylite

Elles n’immobilisent pas le coude, mais leur effet compressif répartit les pressions musculaires sur l’ensemble de l’articulation pour décharger les zones d’insertion tendineuses. L’effet peut être accentué par l’adjonction de pelotes ou d’inserts en mousse et/ou d’une bande de serrage. Elles ont aussi un effet proprioceptif (limitation des mouvements délétères), thermique et anti-œdémateux. Elles sont prescrites pour prévenir ou traiter les tendinopathies d’insertion, dont l’épicondylite (« tennis elbow ») ou l’épitrochléite (« golf elbow ») résultant de microdéchirures liées à des gestes répétés, en particulier chez les sportifs et dans certains métiers manuels. On distingue deux types :

  • les coudières, manchons compressifs élastiques, qui entourent le coude ;
  • les bracelets épicondyliens, sous forme de bande textile plus ou moins rigide, qui se placent sur l’avant-bras avec une sangle autoagrippante.

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Choix du modèle

Il dépend du caractère aigu ou chronique de la douleur, de la phase de prise en charge et de l’activité du patient. Les coudières antiépicondylites peuvent relever du conseil officinal, notamment en reprise d’activité, mais l’avis du médecin est préférable.

Prises de mesure

Si l’orthèse n’est pas à taille unique, les prises de mesure portent sur la circonférence du bras, de l’avant-bras, voire du coude et la longueur du membre. Certains modèles ne sont pas bilatéraux.

Essayage

À l’officine, l’essayage concerne uniquement les orthèses non articulées, ces dernières nécessitant un réglage des butées selon l’angle et l’amplitude souhaités. Les attelles d’immobilisation se placent ouvertes sous le bras avant de serrer les sangles progressivement ; la sangle de soutien autour du cou est ajustée de façon à maintenir le bras contre le corps avec un angle à 90°. Les coudières et bracelets antiépicondylite se positionnent de façon à placer l’insert ou la pelote en regard de l’épicondyle (relief osseux de la tête de l’humérus en face externe de l’avant-bras, environ 2 cm en dessous du coude). Il n’y a pas forcément de soulagement au repos du simple fait du port de la coudière, l’objectif étant de limiter les contraintes durant l’effort, la pression est perceptible lors du mouvement. Ne pas serrer excessivement, ce ne sera pas plus efficace ! Vérifier l’absence d’effet garrot à la pose et pendant l’effort.

Prise en charge

Sur prescription médicale (ou d’un kinésithérapeute pour les modèles souples), pour les modèles inscrits à la LPPR qui englobent également le poignet et la main. Les orthèses ne concernant que le coude ne sont pas remboursées. Le tarif LPP de base est de 79,20 € ou 56,64 €, selon la catégorie main/poignet et/ou pouce. Pas de prix limite de vente.

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Le port

Diurne et/ou nocturne pour les orthèses de coude, uniquement diurne et généralement pendant l’effort pour les orthèses antiépicondylite. Encourager le patient à mobiliser régulièrement les doigts et le poignet pour lutter contre la raideur. L’apparition de gonflement, d’engourdissement, de fourmillements doit amener à desserrer l’orthèse, voire à changer la taille pour les modèles compressifs.

Entretien

Laver à la main ou, si indiqué par le fabricant, à la machine à + 30 °C, après fermeture sur elles-mêmes des bandes autoagrippantes, laisser sécher à plat à l’air libre.

Avec l’aimable collaboration du Syndicat national de l’orthopédie française (SNOF) et du Dr Mehdi Ducasse, chirurgien de la main et du membre supérieur, chef de clinique des hôpitaux de Caen (Calvados).

​​​​​​Article issu du cahier Formation n° 3606, paru le 25 avril 2026.

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