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Compléments alimentaires : un succès qui inquiète les allergologues
Alors que leur consommation progresse fortement en France, les compléments alimentaires inquiètent de plus en plus les spécialistes, qui alertent sur des effets toxiques, des réactions allergiques et des interactions avec les médicaments encore largement sous-estimés.
Longtemps associés au bien-être, à l’immunité ou à la vitalité, et vendus comme de simples denrées alimentaires, les compléments alimentaires bénéficient d’une bonne image. Pourtant, au Congrès francophone d’allergologie à Paris, qui s’est tenu du 21 au 24 avril, la Dr Martine Morisset, du CHU d’Angers (Maine-et-Loire), a rappelé que ces produits peuvent exposer à des effets indésirables parfois sévères, notamment chez les personnes allergiques ou déjà sous traitement.
Un statut à améliorer
Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne sont pas soumis à une autorisation de mise sur le marché comme celle des traitements pharmaceutiques, même s’ils contiennent des substances actives susceptibles d’agir sur l’organisme. Cette situation engendre une confusion chez de nombreux consommateurs, d’autant que certaines promesses commerciales suggèrent des effets quasi thérapeutiques.
L’Anses et d’autres sources de vigilance ont plusieurs fois signalé des cas d’atteintes hépatiques, de troubles rénaux, de réactions cutanées ou d’accidents allergiques liés à certains produits, en particulier ceux destinés à maigrir, à améliorer les performances ou à booster l’énergie.
Allergies et interactions
L’Anses a déjà rappelé les précautions à prendre avec des compléments contenant des pollens, de la gelée royale ou de la propolis, après plusieurs signalements d’allergies sévères dans le cadre de la nutrivigilance. Certains produits peuvent aussi contenir des allergènes mal identifiés ou insuffisamment visibles sur l’étiquette. Autre point de vigilance, les interactions avec les médicaments. Les compléments à base de millepertuis ou d’autres substances peuvent réduire l’efficacité de certains traitements ou en augmenter les effets indésirables.
« Naturel » ne veut pas dire sans danger. Le réflexe de la prudence doit rester essentiel, surtout dans un marché en forte croissance.
Une vigilance encore insuffisante
La nutrivigilance, pilotée en France par l’Anses, permet justement de recueillir les déclarations d’effets indésirables liés aux compléments alimentaires. Les signalements peuvent être effectués par les professionnels de santé, mais aussi par les particuliers, notamment en cas d’allergie, de réaction cutanée, de troubles digestifs ou cardiaques survenus après la prise d’un produit.
Le Réseau d’allergovigilance assure lui aussi une veille spécifique, en particulier sur les anaphylaxies. Dans ce cadre, les médecins sont invités à faire remonter les cas d’anaphylaxie suspectés d’être liés à des compléments alimentaires, afin de mieux documenter ces réactions encore sous-estimées.
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