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Troubles du neurodéveloppement : les facteurs de risque clarifiés
Quels sont les principaux facteurs de risque des troubles du neurodéveloppement ? Grâce à une étude menée sur 6,8 millions d’enfants, Epi-Phare apporte de nouvelles données sur l’identification de ces troubles et le rôle de la prématurité, des expositions prénatales, des malformations congénitales et du contexte socio-économique.
Le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare publie, dans Molecular Psychiatry, une étude épidémiologique nationale fondée sur le registre Epi-Meres, qui suit l’ensemble des enfants nés vivants en France entre 2010 et 2018, soit 6 798 325 enfants, jusqu’en septembre 2024, dans le but de distinguer les facteurs de risque prénataux et périnataux communs et spécifiques des troubles du neurodéveloppement.
Cinq grands troubles ciblés
Les auteurs de l’étude ont cherché à mesurer les facteurs de risques associés à cinq grands troubles : les troubles de la communication, les troubles spécifiques des apprentissages, le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), les troubles du spectre de l’autisme (TSA) et la déficience intellectuelle. Au total, 506 505 enfants, soit 7,5 % de la cohorte, présentaient au moins un trouble du neurodéveloppement après un suivi médian de 9,6 ans.
Des fréquences différentes
La fréquence des troubles retrouvés chez les enfants suivis varie selon les diagnostics : 4,0 % pour les troubles de la communication (270 939 enfants), 2,0 % pour les troubles spécifiques des apprentissages (136 627 enfants), 1,48 % pour le TDAH (101 102 enfants), 0,9 % pour l’autisme (64,797 enfants) et 0,3 % pour la déficience intellectuelle (20 664 enfants). L’étude indique que les troubles se chevauchent souvent, ce qui complique l’analyse de leurs causes propres.
Les combinaisons les plus fréquentes associent les troubles de la communication et les troubles spécifiques des apprentissages (15 953 cas), suivis du trouble du spectre de l’autisme avec les troubles de la communication (15 656 cas), du TDAH avec les troubles de la communication (10 399 cas) et du TDAH avec le trouble du spectre autistique (8 752 cas).
Des facteurs communs à plusieurs troubles
Plusieurs facteurs ressortent comme transversaux à l’ensemble des troubles étudiés : le sexe masculin, la prématurité, le petit poids pour l’âge gestationnel, les malformations congénitales, l’obésité maternelle, l’exposition à l’alcool ou au tabac, ainsi qu’un jeune âge maternel (< 25 ans).
Les auteurs décrivent aussi une relation dose-réponse avec l’âge gestationnel : plus la naissance est précoce, plus le risque de trouble neurodéveloppemental augmente.
La place des événements biologiques précoce dans la déficience intellectuelle
C’est la déficience intellectuelle qui concentre les associations les plus fortes avec les facteurs périnataux sévères. Elle est particulièrement liée à la prématurité extrême, au petit poids pour l’âge gestationnel, aux malformations congénitales et à l’hypoxie néonatale.
Ces résultats suggèrent que certains événements biologiques précoces affectent plus directement les fonctions cognitives globales que d’autres dimensions du neurodéveloppement, c’est pourquoi l’étude recommande un suivi renforcé des enfants ayant connu une naissance très prématurée, une souffrance néonatale ou des malformations diagnostiquées précocement.
Des profils plus spécifiques selon les troubles
Le sexe masculin est très fortement associé à l’autisme et au TDAH, à l’inverse, l’association avec la déficience intellectuelle devient beaucoup plus faible après prise en compte des troubles associés, ce qui suggère qu’une partie du surrisque masculin vient du chevauchement avec d’autres diagnostics plus fréquents chez les garçons.
L’alcool et surtout le tabac pendant la grossesse ressortent davantage pour le TDAH. L’obésité maternelle est associée à tous les troubles, mais son effet est maximal pour le TDAH. L’âge parental avancé, maternel comme paternel, est surtout lié à l’autisme, à la déficience intellectuelle et aux troubles spécifiques des apprentissages. À l’inverse, un jeune âge parental est davantage associé au TDAH.
Les antécédents parentaux de troubles du neurodéveloppement ou d’autres troubles psychiatriques étaient eux aussi liés de manière constante à un risque accru pour l’ensemble des troubles du neurodéveloppement.
Impact socio-économique
L’étude montre aussi un gradient social pour certains diagnostics. Les enfants issus des milieux les plus défavorisés présentent un risque plus élevé d’autisme et de déficience intellectuelle, et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ont des risques particulièrement élevés pour ces deux troubles. En revanche, le TDAH et les troubles spécifiques des apprentissages affichent un gradient inverse, avec moins de diagnostics dans les milieux les plus défavorisés. Les auteurs estiment que ce paradoxe pourrait refléter non pas un moindre risque réel, mais plutôt des différences dans les filières d’orientation, le soutien éducatif ou les pratiques diagnostiques.
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