Hypercholestérolémie : quel accompagnement au comptoir ?

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Hypercholestérolémie : quel accompagnement au comptoir ?

Publié le 2 janvier 2026
Par Nathalie Belin, Anne-Gaëlle Harlaut et Delphine Guilloux
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Parmi les classes thérapeutiques les plus prescrites, les hypocholestérolémiants nécessitent un accompagnement attentif de la part du pharmacien. Au comptoir, le rappel des règles hygiénodiététiques et la vigilance sur les effets indésirables font partie intégrante du conseil.

Facteur de risque cardiovasculaire, l’hypercholestérolémie concernerait près de 30 % des adultes et atteindrait 55 % des 65-74 ans*. Son traitement n’est pas isolé mais s’inscrit dans un contexte global d’évaluation et de prise en charge de tous les facteurs de risque susceptibles d’être corrigés : surcharge pondérale, hypertension artérielle, diabète, tabagisme…

Les recommandations hygiénodiététiques sont au premier plan et peuvent permettre, à elles seules, d’atteindre les objectifs thérapeutiques fixés. Ceux-ci visent une valeur cible de LDL cholestérol (LDL-c) à atteindre, variable selon les patients en fonction de l’évaluation du risque cardiovasculaire globale : plus le risque est élevé, plus la cible de LDL-c est basse.

Lorsque les règles hygiénodiététiques ne suffisent pas, un traitement est instauré : statines en première intention, ou en cas de contre-indication ou d’efficacité insuffisante, ézétimibe ou cholestyramine notamment.

* « Cholestérol LDL moyen et prévalence de l’hypercholestérolémie LDL chez les adultes de 18 à 74 ans ». Étude nationale nutrition santé (ENNS) 2006-2007, France métropolitaine.

Hypercholestérolémie : accompagner

L’hygiène de vie

Les recommandations diététiques visent l’amélioration du profil lipidique et la réduction du risque cardiovasculaire… L’arrêt du tabac ou du tabagisme passif doivent être encouragés. La perte de poids et l’exercice physique améliorent le contrôle des pathologies cardiovasculaires et permettent d’augmenter le HDL cholestérol ou « bon cholestérol ».

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L’activité physique est recommandée, adaptée aux possibilités de chacun, quel que soit l’âge : à titre indicatif, au moins 30 minutes 5 jours sur 7 de marche rapide ou l’équivalent, de manière à cumuler au moins 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine.

Hypercholestérolémie : quelles mesures diététiques ?

Spécifiques à l’hypercholestérolémie

La quantité totale de matières grasses doit être ramenée à 35 % de l’apport énergétique journalier : il s’agit de réduire les produits riches en acides gras saturés ou trans (viandes grasses — agneau, porc notamment —, fromages, lait entier, beurre, viennoiseries, pâtisseries, fritures…), de consommer modérément les aliments riches en cholestérol (œufs, foie, crevettes et écrevisses — surtout les têtes !-) mais de privilégier les produits riches en acides gras monoinsaturés ou polyinsaturés : avocat, amandes, noix de cajou, poissons gras, huiles d’olive, colza, noix, noisettes…

Augmenter les apports en fibres qui limitent l’absorption du cholestérol : fruits et légumes, légumineuses, céréales (type pains, pâtes ou riz complet, boulgour, quinoa, millet, flocons d’avoine…).

Visant à réduire le risque cardiovasculaire

Réduire la consommation d’alcool et de sel (bouillons, plats préparés, biscuits apéritifs…).

Les effets indésirables des traitements

Informer des effets indésirables des hypolipémiants et de la conduite à tenir s’ils apparaissent est essentiel.

Inhibant l’HMG-CoA réductase (enzyme responsable de la synthèse endogène du cholestérol), les statines peuvent provoquer des troubles musculaires dose-dépendants, majorés par une consommation excessive d’alcool. Tout signe évocateur (douleur, faiblesse, sensibilité ou crampe musculaire inexpliquée) doit être signalé au médecin et conduire au dosage de la créatine phosphokinase (CPK) : le traitement doit alors être interrompu en cas d’élévation importante, supérieure à 5 fois la normale. La surveillance des transaminases est également nécessaire avant l’introduction du traitement et 3 mois après.

Sous ézétimibe (inhibant l’absorption du cholestérol au niveau intestinal), signaler le risque d’inconforts gastro-intestinaux (douleurs abdominales, diarrhées), plus rarement de myalgies (surtout présente en association à une statine).

La cholestyramine (séquestrant les acides biliaires et augmentant leur élimination fécale) peut notamment induire une constipation, à prévenir par l’augmentation des apports hydriques et des fibres. Si besoin, un laxatif doux peut être introduit.

Les interactions médicamenteuses

Certaines statines, en particulier simvastatine et atorvastatine métabolisées par le CYP3A4, exposent à de nombreuses interactions médicamenteuses. Déconseiller leur association au millepertuis ou leur prise en même temps que du pamplemousse.

La cholestyramine doit être prise par précaution 1 à 2 heures avant ou 4 heures après tout autre médicament.

L’observance

Une prise régulière du traitement conditionne son efficacité et permet de réduire le risque athéromateux. Les statines et l’ézétimibe se prennent indifféremment pendant ou en dehors d’un repas. La cholestyramine doit être prise avec de l’eau, de préférence au moment d’un repas en respectant le cas échéant l’augmentation progressive des doses.