Verrues plantaires : prise en charge à l’officine

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Verrues plantaires : prise en charge à l’officine

Publié le 13 décembre 2025
Par Angélique Seguin
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Fréquente chez l’enfant, l’adolescent ou le sportif, la verrue plantaire est majoritairement bénigne. Sa prise en charge peut relever du conseil pharmaceutique. Rappels des produits disponibles et conseils associés.

L’essentiel sur les verrues plantaires

La verrue plantaire est une lésion cutanée bénigne due au papillomavirus humain (HPV), souvent localisée sur les zones d’appui du pied, et capable d’entraîner une gêne à la marche. Les HPV responsables des verrues (de types 1, 2 et 3) n’entraînent pas de cancer cutané, contrairement aux sous-types 16 et 18, notamment, qui touchent les muqueuses.

Excroissance cornée, parfois enfoncée dans la peau et marquée de petits points noirs dus à des vaisseaux bouchés, la douleur à la pression et l’emplacement aident à la différencier du cor.

On distingue deux formes : la myrmécie, fréquente, unique et douloureuse, bien délimitée ; et les verrues en mosaïque, plus superficielles, multiples qui font moins mal.

Facteurs favorisant l’apparition des verrues

La contamination survient par contact direct ou indirect, par exemple via des sols fréquentés pieds nus ou des chaussures, à partir de squames infectées, même si ce mode de transmission n’est pas démontré de façon définitive. L’auto-inoculation est fréquente.

La pénétration virale est facilitée par des microtraumatismes pouvant être favorisés par une peau macérée (transpiration excessive). Les lieux collectifs augmentent également le risque d’infection.

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En cas d’immunodépression, les verrues sont souvent multiples, récidivantes et résistantes. Le virus peut persister localement à l’état latent, en particulier en zone périlésionnelle, et se réactiver lorsque les défenses immunitaires faiblissent.

Prévenir les récidives et limiter la transmission

Le porteur de verrues plantaires est le principal vecteur de transmission. Pour limiter celle-ci, il faut conseiller de couvrir la lésion avec un pansement ou un vernis protecteur avant toute baignade.

Afin d’éviter une contamination, il est recommandé de ne pas marcher dans les lieux publics pieds nus, de bien les sécher, de porter des chaussettes en coton et de ne pas partager serviettes, chaussures ou matériel de pédicure.

Quels traitements recommander à l’officine ?

Les verrues plantaires régressent le plus souvent spontanément en quelques mois, mais peuvent parfois persister pendant plusieurs années. En cas de douleur, de gêne ou de persistance, un traitement local s’impose.

Deux options existent en automédication : les traitements chimiques ou physiques. Leur efficacité repose sur une action kératolytique, qui élimine progressivement les cellules infectées, et sur l’irritation locale, qui stimule la réponse immunitaire contre le virus.

Les kératolytiques (verrucides) à base d’acide salicylique, parfois associés à de l’acide lactique (Duofilm, Kerafilm ou Pommade MO Cochon, par exemple), sont les plus employés. Ils ramollissent la lésion et s’appliquent quotidiennement après nettoyage et ponçage doux à l’aide d’une lime jetable. La peau saine doit être protégée par un vernis incolore ou un pansement. Le traitement dure de 4 à 12 semaines.

La cryothérapie, réservée à l’adulte ou à l’adolescent, gèle la verrue à l’aide d’azote liquide ou d’un gaz très froid, provoquant sa destruction progressive. Plusieurs applications sont souvent nécessaires, ce qui peut être source de douleurs ou de gênes importantes. Elle est contre-indiquée chez le jeune enfant et peu efficace sur les verrues épaisses.

Les pansements occlusifs maintiennent un milieu humide qui ramollit la verrue, favorise la pénétration des produits et limite la dissémination du virus, mais ne permettent pas la guérison à eux seuls.

Situations nécessitant l’orientation vers un médecin

Un avis médical s’impose pour des verrues chez l’enfant de moins de 4 ans, ainsi que pour toute personne, quel que soit l’âge, si les verrues sont situées sur le visage, provoquent douleur ou saignement, ou présentent une modification de leur aspect. Il en va de même en cas d’échec thérapeutique, d’ulcérations, de suspicion d’infection ou de terrain à risque (immunodépression, diabète, troubles vasculaires).

Les précautions d’emploi des traitements

Un décapage doux et régulier est conseillé avant l’application des produits. L’usage d’objets tranchants et de limes métalliques ou un ponçage agressif sont à proscrire, car ils favorisent la dissémination virale, les surinfections et les risques de blessure.

Le respect de la durée du traitement et de la protection de la peau saine est crucial. En cas de saignement, le traitement doit être interrompu quelques jours.

Les produits à base d’acide salicylique sont contre-indiqués chez l’enfant de moins de 2 ans, la femme enceinte, les diabétiques et les patients artéritiques si la verrue est placée sur les orteils. Très caustiques, ils doivent être tenus hors de portée des enfants et il ne faut jamais les appliquer sur le visage.

Sources : « Verrues sur la peau : que faire ? », Assurance maladie ; « Traitements des verrues », La Revue du praticien ; « Aspects cliniques bénins de l’infection à papillomavirus humains (HPV) », Académie nationale de médecine ; base de données publique des médicaments.