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Tabac : 4 millions de fumeurs quotidiens en moins en dix ans
Selon Santé publique France, le nombre de fumeurs a subi une baisse historique au cours des dix dernières années. Elle est toutefois marquée par de fortes inégalités sociales et régionales.
Santé publique France publie les premiers résultats issus de son baromètre de santé 2024 et souligne que, depuis le lancement du premier Programme national de réduction du tabagisme en 2014, le nombre de fumeurs quotidiens de 18 à 75 ans a reculé de 4 millions, passant de 28,6 % à 18,2 %, malgré une stagnation observée pendant la pandémie de Covid-19. La tendance se confirme aussi chez les jeunes. Cette baisse constitue une avancée rendue possible grâce à la mobilisation collective des acteurs engagés contre le tabac, même si les résultats restent contrastés selon les territoires et les catégories sociales.
Des disparités persistent
Si la tendance globale est encourageante, Santé publique France met en évidence plusieurs inégalités. Le tabagisme quotidien reste deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres (25 % contre 12 %) et trois fois plus élevé parmi les personnes en difficulté financière (30 % contre 10 % chez celles se déclarant à l’aise). Les personnes au chômage sont également plus touchées (près de 30 % contre 19 % chez les actifs occupés).
Les régions Grand Est, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Occitanie affichent encore des prévalences supérieures à la moyenne nationale. Dans les départements et régions d’outre-mer enquêtés, la prévalence est très inférieure en Martinique, Guadeloupe et Guyane en comparaison à la moyenne. En revanche, La Réunion n’offre pas des résultats significativement différents du reste des régions métropolitaines.
L’envie d’arrêter progresse
Le rapport révèle aussi que plus de la moitié des fumeurs quotidiens (55 %) souhaitent arrêter, mais seuls 17,3 % déclarent avoir fait une tentative d’arrêt d’au moins une semaine au cours des douze derniers mois.
Santé publique France note également que le désir d’arrêt et la mise en pratique sont fortement liés au niveau de diplôme et à la catégorie socioprofessionnelle : les populations les plus favorisées affichent davantage de tentatives de sevrage que les plus modestes.
Des tendances cohérentes
La tendance à la baisse du tabagisme s’accompagne d’évolutions concordantes. Les ventes de tabac ont reculé de 12 % entre 2023 et 2024, et de 24 % depuis 2021. En parallèle, les ventes de traitements d’aide au sevrage délivrés en pharmacie progressent, avec une augmentation de 10 % en un an et de 29 % sur la période 2021-2024. Cette dynamique est observée depuis 2019, après le passage d’un forfait annuel au remboursement sur prescription médicale à hauteur de 65 %, comme les autres médicaments remboursables.
Après une quasi-stabilité entre 2021 et 2023, le prix moyen du paquet de cigarettes le plus vendu est passé de 10,92 € à 12,54 € entre 2023 et 2024, soit une hausse de 14,9 %. L’augmentation des prix reste une des mesures les plus efficaces pour réduire la consommation.
À l’échelle internationale, l’Eurobaromètre 2023 montre que la prévalence du tabagisme en France reste supérieure de 3 points à la moyenne européenne et à celle des pays voisins (Espagne, Italie, Belgique, Allemagne), cependant la baisse observée en France ne se retrouve pas partout. Certains pays affichent des niveaux déjà beaucoup plus bas, comme les États-Unis, la Nouvelle-Zélande ou le Royaume-Uni, mais où les inégalités sociales restent néanmoins très marquées.
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