Nouveau programme national nutrition santé : quelle place pour l’officine ?

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Nouveau programme national nutrition santé : quelle place pour l’officine ?

Publié le 10 avril 2026
Par Pierre-Alexandre Lhotellier
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Ce 8 avril, le gouvernement a dévoilé les vingt mesures de son nouveau Programme national nutrition santé (PNNS) pour 2026-2030. Prévention de l’obésité, soutien à l’allaitement maternel, sensibilisation aux compléments alimentaires… Tour d’horizon des mesures qui impliquent directement les équipes officinales.

Lancé pour la première fois en 2001 par le ministère de la Santé, le Programme national nutrition santé (PNNS) a pour objectif d’améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Dans la foulée du One Health Summit qui s’est tenu à Lyon (Rhône) du 5 au 7 avril, le gouvernement a dévoilé, mercredi 8 avril, son 5e PNNS pour la période 2026-2030. Au programme, vingt mesures concrètes réparties en 3 axes :

  1. garantir à tous l’accès à des environnements nutritionnels durables favorables à la santé ;
  2. encourager des comportements nutritionnels sains et durables ;
  3. faire des milieux de vie des espaces promoteurs de santé.

Parmi les priorités affichées de ce nouveau PNNS : la lutte contre la dénutrition, la nutrivigilance, la prévention de l’obésité et le soutien à l’allaitement maternel.

Obésité et dénutrition : des priorités renforcées

Alors qu’un Français sur deux est en surpoids ou obèse, le PNNS 5 a pour ambition de diminuer de 30 % la prévalence du surpoids et de l’obésité chez les enfants et adolescents d’ici 2030 : il est ainsi prévu d’élever leur prévention au rang de « grande cause nationale » (mesure n° 11).

Le PNNS 5 met également l’accent sur le renforcement de la prévention et du repérage de la dénutrition chez les personnes âgées, en actualisant et promouvant les recommandations nutritionnelles pour cette population (mesure n° 15).

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Une attention particulière sur le bon usage des compléments alimentaires

Alors que l’officine en reste le premier point de vente des compléments alimentaires, le programme insiste sur la sensibilisation aux risques liés à leur consommation sans suivi par un professionnel de santé (mesure n° 10).

L’objectif est de renforcer les connaissances dans ce domaine afin de repérer les situations à risque et les interactions médicamenteuses potentielles. Le dispositif prévoit la conception d’outils pratiques pour accompagner les professionnels de santé dans leur mission du nutrivigilance ainsi que le déploiement de campagnes de sensibilisation à destination du public.

Grossesse et allaitement : un suivi nutritionnel prioritaire

Le PNNS 5 accorde une place particulière aux femmes enceintes et aux nouveau-nés, notamment en prévoyant l’élaboration de nouvelles recommandations nutritionnelles pour les femmes en projet de grossesse, enceintes, en post-partum ou allaitantes, ainsi que la garantie d’apports suffisants en vitamine B9 pour la santé des nouveau-nés (mesure n° 12).

Alors que la France a l’un des taux d’allaitement les plus faibles d’Europe, il est également prévu de soutenir et faciliter l’allaitement maternel pour les femmes qui le souhaitent (mesure n° 13), en particulier à la sortie de la maternité et lors du retour au travail.

Dans une perspective plus transversale, le PNNS 5 doit aussi permettre aux professionnels de s’informer, de se former et d’agir pour la mise en place de projets de prévention en nutrition sur le terrain (mesure n° 20). « Mieux informer, mieux accompagner et rendre plus accessibles des choix alimentaires sains et durables à toutes et tous est une priorité absolue. », résume la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans son éditorial.