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Mélatonine et sommeil : rester vigilant pour une utilisation sûre
Cette hormone naturelle, présente sous diverses formes, souvent associée à d’autres composants ou plantes, est capable de stabiliser les rythmes circadiens et produit une action promotrice du sommeil. La mélatonine module l’activité cérébrale et agit sur de nombreuses fonctions physiologiques. Sécuriser son usage est donc indispensable.
De quoi s’agit-il ?
La mélatonine est une hormone synthétisée dans la glande pinéale (ou épiphyse) à partir de la sérotonine, elle-même issue du tryptophane. La lumière inhibe sa sécrétion : les taux sanguins de mélatonine sont ainsi faibles durant la journée. Sa sécrétion débute environ 2 heures avant l’endormissement habituel, atteint un maximum en deuxième partie de nuit (généralement vers 3-4 heures du matin) avant de décroître. Elle est très variable d’une personne à l’autre mais relativement constante chez un même sujet. Elle diminue avec le vieillissement.
La mélatonine agit sur les récepteurs MT1 et MT2 présents dans au niveau cérébral, dans des organes périphériques (rétine, estomac, cœur, rein, poumon, notamment) et des cellules sanguines. Elle exerce ainsi une action sur les rythmes circadiens (par exemple : modulation de la température corporelle, libération de cortisol) et saisonniers (le niveau de sécrétion dépendant de la durée de la nuit), ainsi que sur des fonctions physiologiques (système immunitaire, modulation de l’humeur, pression artérielle, etc.).
En supplémentation, la mélatonine a une demi-vie courte et présente une faible biodisponibilité : elle est soumise à un effet de premier passage hépatique (métabolisation par le cytochrome P 450 1A2). Chez certaines personnes, dites « métaboliseurs lents », elle peut s’accumuler.
Quelles allégations lui sont-elles reconnues ?
La mélatonine a un effet « chronobiotique » (synchronisation du rythme circadien) et favorise l’endormissement. Elle est autorisée dans les compléments alimentaires à une dose inférieure à 2 mg avec 2 allégations : soulager les effets du décalage horaire (à raison d’au moins 0,5 mg par prise avant le coucher) et réduire le délai d’endormissement (à raison d’au moins 1 mg par prise).
Galéniques et bon usage
- La mélatonine est disponible sous des formes comprimé, gélule, tisane, gummy, etc. (à avaler 30 à 60 minutes avant le coucher) ou sublinguales mettant en avant son assimilation rapide, en spray, comprimé, etc. (proposées dans les 30 minutes précédant le coucher), et à libération prolongée (à prendre au moins 1 heure avant le coucher). La forme à libération prolongée mime la sécrétion physiologique de mélatonine.
- Il ne s’agit pas d’un hypnotique : pour ressentir un bénéfice, il est nécessaire de mettre en place des conditions propices au sommeil l’heure précédant le coucher.
- En cas de réveils nocturnes, ne pas reprendre une dose mais privilégier plutôt une forme à libération prolongée. En l’absence d’efficacité après 3 jours de prise, proposer éventuellement une autre galénique. Toute persistance (supérieure à 1 mois) ou récidives de difficultés de sommeil nécessite un avis médical.
Quels sont les effets indésirables ?
Si elle semble bien tolérée à court terme, ses effets à long terme sont mal connus. Ont été rapportés notamment céphalées, vertiges, somnolence, troubles digestifs, tremblements, anxiété, dépression, éruptions cutanées.
Quelles sont les précautions d’emploi ?
Les interactions médicamenteuses sont nombreuses : fluvoxamine, ciprofloxacine, norfloxacine, vérapamil, contraceptifs œstroprogestatifs, entre autres, sont susceptibles d’augmenter l’exposition à la mélatonine. Inversement, des inducteurs du cytochrome P450 1A2 peuvent diminuer ses concentrations plasmatiques (carbamazépine, rifampicine, oméprazole, tabagisme, entre autres). Son association avec l’alcool, les hypnotiques, les anxiolytiques ou encore la warfarine n’est pas recommandée.
Son emploi est déconseillé chez les femmes enceintes et allaitantes, avant 18 ans, ainsi qu’en cas de maladies inflammatoires et auto-immunes, et un avis médical est nécessaire pour les patients épileptiques, asthmatiques ou souffrant de troubles de l’humeur ou du comportement.
Sources : avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), saisine n° 2016-SA-0209 ; « Demande d’un complément alimentaire contenant de la mélatonine à l’officine », Coopération pour la valorisation de l’acte officinal, mars 2025 ; « La mélatonine et son usage dans les troubles circadiens du rythme veille sommeil », Société française de recherche et médecine du sommeil (SFRMS), 2021 ; « La mélatonine (MEL) et son utilisation dans les pathologies neurologiques et l’insomnie », SFRMS, 2021.
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