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Analyse biologique : la vitesse de sédimentation est dépassée
Ancien marqueur inflammatoire encore prescrit 16 millions de fois en 2023, la vitesse de sédimentation ne présente plus d’intérêt par rapport à d’autres examens plus performants. La Haute Autorité de santé recommande désormais de mettre fin à sa prescription.
En pratique, la vitesse de sédimentation évalue la vitesse avec laquelle les globules rouges d’un échantillon de sang se déposent au fond d’un tube. Cette mesure a été très largement utilisée dans l’exploration des processus inflammatoires, mais aussi en examen de routine chez des patients asymptomatiques. Saisie par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (UNCAM) pour réévaluer cet examen, la Haute Autorité de santé (HAS) recommande de mettre fin à son usage. En 2023, cette mesure représentait pourtant 16 millions d’actes remboursés, pour 12 millions d’euros.
Trois limites majeures
La HAS a évalué la pertinence de la mesure de la vitesse de sédimentation dans plusieurs indications pour lesquelles elle reste encore prescrite : « bilan de routine chez un patient asymptomatique, artérite à cellules géantes / pseudo-polyarthrite rhizomélique, lupus systémique, polyarthrite rhumatoïde, arthrite juvénile idiopathique, lymphome de Hodgkin, myélome multiple« . Les résultats montrent trois inconvénients majeurs :
- une reproductibilité insuffisante, avec des variations inter- et intratechniques pouvant atteindre 30 %, rendant tout suivi variable.
- une spécificité faible. La vitesse de sédimentation varie avec l’âge, le sexe et d’autres facteurs indépendants de l’inflammation (grossesse, hématies, médicaments, atteintes rénales, taux circulants de protéines plasmatiques, obésité notamment)
- sa cinétique lente complique l’interprétation. Elle peut rester normale alors qu’un processus inflammatoire débute, ou demeurer élevée longtemps après sa résolution.
La HAS rappelle que des alternatives plus fiables existent déjà, notamment la protéine C-réactive (CRP), marqueur rapide, reproductible et moins influencé par des paramètres non inflammatoires.
Considérant l’ensemble de ces limites, la HAS recommande l’arrêt total de la prescription et de l’utilisation de la vitesse de sédimentation, quelle que soit la situation clinique. Cette décision s’inscrit dans une démarche plus large d’amélioration de la pertinence des soins et est accompagnée d’une fiche de bon usage destinée aux professionnels.
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