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L’Ademe veut savoir ce que deviennent les médicaments non utilisés
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) se fait la caisse de résonance du questionnaire élaboré par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et invite ses adhérents à y répondre. L’organisme souhaite recueillir l’expérience des pharmaciens sur les médicaments non utilisés (MNU) et les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri). Date limite de réponse : 31 mai 2026.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a lancé au printemps un questionnaire sur la reprise des produits en fin de vie par les distributeurs. En soutien de cette initiative, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) propose à ses adhérents d’y répondre. L’enquête a pour objectif de rassembler les retours des équipes en magasin et sur les plateformes de vente en ligne concernant les modalités de collecte déployées et les difficultés que les officinaux auraient constatées ce faisant. « Vos réponses constitueront un témoignage précieux de votre expérience et vous permettront d’exprimer votre point de vue. Les réponses sont entièrement anonymes et seront utilisées uniquement dans le cadre de cette étude », commente le syndicat. La période de réponse est ouverte jusqu’au 31 mai 2026.
Une collecte obligatoire confrontée au défi du gaspillage
Près de 10 000 tonnes de médicaments non utilisés sont recensées chaque année en France. C’est le chiffre avancé dans l’étude Perimed, pilotée en 2025 par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam), l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et des produits de santé et Cyclamed, l’organisme français chargé de récupérer et de traiter les médicaments non utilisés (MNU) rapportés par les particuliers en pharmacie.
Parmi les obligations incombant aux officinaux figure celle de collecter gratuitement les MNU, contenus le cas échéant dans leurs conditionnements, en vertu du Code de la santé publique. Ces médicaments sont détruits dans des conditions sécurisées. Parmi les produits rapportés, 40 % ne sont pas périmés, avec un taux atteignant 44 % pour les médicaments soumis à prescription médicale obligatoire. La situation a progressé néanmoins au fil du temps. Le gisement des médicaments non utilisés ou périmés en 2018 représentait environ 17 600 tonnes, soit environ 260 grammes par habitant, selon un bilan publié par Cyclamed en 2019.
Quant aux déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri), si la filière Responsabilité élargie du producteur (REP) est structurée depuis plus de 10 ans, les pharmaciens doivent aussi gérer leurs propres DASRI professionnels (vaccination, Trod), hors dispositif patient, depuis l’automne 2022.
Pour répondre au questionnaire, cliquez ICI
Des expérimentations en cours et à venir
La redispensation des anticancéreux non utilisés va entrer dans une phase opérationnelle au second semestre. Jusqu’ici strictement interdite, celle-ci fait l’objet d’une dérogation introduite par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Les enjeux financiers liés sont conséquents. Selon les chiffres-clés du médicament en France pour l’année 2024, publiés le 14 janvier 2026 par l’Assurance maladie, les antinéoplasiques sont passés de la 9e place à la première avec une hausse des dépenses de 400 % (3,35 milliards d’euros en 2025).
Dans les établissements de santé, des gisements d’efficience en matière de lutte contre le gaspillage existent aussi par ailleurs. Présentée fin septembre 2025, l’enquête « médicaments à l’hôpital : pourquoi et combien on en jette », menée à l’initiative du Comité pour le développement durable en santé (C2DS), en partenariat avec le Résomédit, qui rassemble les observatoires régionaux des médicaments, avait montré que plus de 250 000 médicaments étaient jetés en une semaine au sein d’un échantillon de 210 établissements de santé publics et privés. Soit 700 000 euros gaspillés.
Unicancer, réseau hospitalier français 100 % dédié à la lutte contre le cancer, s’était d’ailleurs réjoui en début d’année de la mise en place à compter de 2026 de l’expérimentation favorisant la réutilisation des médicaments oraux non utilisés, et de son élargissement aux médicaments anticancéreux. « Cette proposition, portée par Unicancer, répond à un impératif de santé publique dans un contexte où la pénurie des médicaments anticancéreux ne cesse de croître menaçant la continuité des traitements des patients atteints de cancer, tout en réduisant les pertes financières et la charge environnementale associées », avait déclaré la fédération hospitalière.
L’initiative de l’Ademe permet en tout cas de mesurer le chemin parcouru depuis le lancement en 2025 de l’étude Perimed. « Jusqu’à présent, la porte d’une réutilisation était totalement fermée. Le simple fait d’ouvrir la discussion constitue une étape collective de prise de conscience », avait alors déclaré Marguerite Cazeneuve, qui, à l’époque, était directrice déléguée de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam).
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