Esprit d’équipe : clé de performance collective et du bien-être des salariés

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Esprit d’équipe : clé de performance collective et du bien-être des salariés

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Publié le 11 décembre 2025
Par Carole De Landtsheer
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La cohésion et la collaboration stimulent la performance et la motivation au travail. Un esprit d’équipe solide contribue à la fidélité des collaborateurs en officine.

« Le travail individuel permet de gagner un match mais c’est l’esprit d’équipe et l’intelligence collective qui permettent de gagner la Coupe du monde », dixit Aimé Jacquet, entraîneur de l’équipe de France de football (Coupe du monde en 1998). Une phrase qui en dit long sur l’art de souder ses troupes. Pour les jeunes de la génération Z, souvent considérés comme volatils, la fidélité à leur poste repose avant tout sur la solidarité entre collègues.

Mais de quoi parle-t-on ? « L’esprit d’équipe est un lien de cohésion entre les collaborateurs qui font corps autour d’un objectif commun. Il mêle qualités humaines et professionnelles. Dans une ambiance de travail bienveillante, ils tirent parti de leur alliance pour travailler dans le même sens ; les intérêts du groupe prévalent sur les intérêts individuels », résume Laurent Granger, fondateur du site manager-go.com. Ces dispositions ne se limitent donc pas à une bonne entente entre les salariés ; elles procèdent d’une véritable dynamique de groupe. D’ailleurs, « on sait mesurer l’esprit d’équipe dans les difficultés et la façon dont les collaborateurs vont réussir à s’organiser, à se mettre en mouvement pour résoudre un problème », relève Sandra Chauvin, docteure en pharmacie, coach et consultante en management. Qu’a-t-on à y gagner ? Une plus grande efficacité et une performance collective mais aussi une plus grande créativité, favorisée par le brassage des idées. Mais attention, façonner une telle alchimie, « c’est de la haute couture », fait remarquer Erick Boitel, docteur en psychologie, cofondateur de Brikx Consulting, spécialisé dans la santé et la performance du dirigeant. Un savant dispositif qui « requiert une implication du manager au quotidien », développe notre interlocuteur.

Le manager, chef et membre de l’orchestre

Car cet esprit d’équipe ne se décrète pas et la part du manager, autrement dit du titulaire, est pour le moins centrale. Qu’on se le dise, « l’équipe a fondamentalement besoin d’un leader charismatique », souligne Erick Boitel. En premier lieu, « il doit montrer l’exemple en tissant un lien avec ses collaborateurs et en encourageant une communication ouverte, où tous se sentent libres d’exprimer leurs idées et leurs opinions, sans crainte du jugement. Ce climat de confiance constitue le socle d’une équipe unie​​​​​​​ », avance Laurent Granger.

Son écoute est donc centrale, comme sa capacité à dénouer des tensions, à chasser des inquiétudes ou encore des stress ponctuels, en proposant des solutions. « Quand une organisation fonctionne bien, on observe une réelle intégration du patron, et une vraie fluidité des relations. Il est à la fois chef d’orchestre et partie prenante de l’équipe, c’est toute la complexité de sa place », ajoute Sandra Chauvin. En second lieu, son leadership implique un cadre clair : « Le titulaire doit partager sa vision et sa stratégie pour embarquer tout le monde autour de projets communs. En posant distinctement les règles et les procédures, comme la répartition des tâches et le rôle de chacun, il est le garant d’un environnement “secure” qui permet d’avancer ensemble », reprend notre interlocutrice.

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Favoriser les échanges

L’esprit d’équipe se nourrit des interactions, d’où l’importance de réunir ses troupes régulièrement. « C’est au titulaire de favoriser la coopération en lançant des discussions régulières lors de réunions au cours desquelles chacun pourra prendre la parole pour s’exprimer sur ses éventuelles difficultés et sur ses réussites, ou encore poser tout type de question sur les choix stratégiques de l’officine », préconise Laurent Granger. Ces points sont également l’occasion de relayer ses expériences, « telle une formation, suivie par l’un des salariés, pour en faire bénéficier l’ensemble de l’équipe et créer un alignement sur un sujet commun », donne en exemple Sandra Chauvin.

Au quotidien, « encourager le travail en binôme est une façon de renforcer l’entraide et le partage des compétences, et, plus largement, de soutenir l’activité de la pharmacie quand une personne est absente », avance, pour sa part, Thibault Winka, directeur général de Team Officine. Autre exemple d’émulation : « Laisser son équipe participer à des challenges, comme les défis interpharmacies, est également une façon de créer une dynamique positive, d’introduire une dimension ludique dans les relations », reprend Sandra Chauvin.

De contributeur à partenaire

Bien évidemment, ces échanges ne devront pas se limiter au cadre professionnel : « Favoriser les interactions informelles et les moments de partage, comme les afterworks, accentue la cohésion », souligne Laurent Granger. Le titulaire ne sera pas toujours associé à ces entrevues « hors-sol », signes d’une équipe soudée, unie autour d’une culture d’entreprise et de valeurs fortes. En outre, « il est essentiel de célébrer les réussites ensemble », fait remarquer Erick Boitel, que ces succès soient le fruit d’actions collectives ou individuelles.

« Cela permet à chacun d’être reconnu pour ce qu’il fait et d’apprécier sa place au sein du groupe », poursuit Laurent Granger. « Ces temps forts font passer le message aux collaborateurs qu’ils ne sont pas de simples contributeurs au chiffre d’affaires de la pharmacie mais aussi des partenaires », renchérit Sandra Chauvin. Plus largement, le titulaire devra prendre le temps de valoriser son équipe : « C’est un puissant levier pour motiver les salariés », ajoute Laurent Granger. Enfin, pour ne pas rompre un équilibre qui fonctionne, « l’intégration d’une nouvelle recrue ne se fera pas sans considérer sa compatibilité avec les personnes en place, en se centrant prioritairement sur les “soft skills” du postulant, sur son savoir-être », conclut Thibault Winka.

Une rentabilité indirecte

Le métier de pharmacien est, avant tout, un métier d’interaction et la cohésion de l’équipe a une incidence directe sur la patientèle. « Des collaborateurs qui travaillent bien ensemble, portés par une véritable solidarité, seront de meilleure humeur et plus souriants au comptoir », estime Thibault Winka, directeur général de Team Officine. Un point de vue partagé par Sandra Chauvin, docteure en pharmacie, coach et consultante en management : « L’environnement de l’officine doit être apaisant pour les patients. Une attitude positive contribue à instaurer une ambiance sereine, axée sur la disponibilité et l’écoute, à laquelle sera sensible la patientèle. Celle-ci aura alors envie de revenir, c’est une forme de rentabilité indirecte. » En outre, ce climat propice « alimentera la réputation de l’officine et jouera sur la marque employeur qu’elle viendra améliorer, attirant, potentiellement, des candidats à l’embauche », ajoute Laurent Granger.