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Avec ses « Pharmacy Kiosks », Amazon bouscule les pharmacies traditionnelles aux États-Unis

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Avec ses « Pharmacy Kiosks », Amazon bouscule les pharmacies traditionnelles aux États-Unis

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Publié le 15 octobre 2025 | modifié le 20 octobre 2025
Par Benjamin Roussel
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En lançant ses Pharmacy Kiosks aux États-Unis, Amazon accélère sa stratégie d’intégration verticale dans la santé. Ces automates, installés directement dans les centres de soins, permettent de délivrer les ordonnances sans passer par une officine. Une initiative qui pourrait rebattre les cartes d’un marché en pleine mutation, où le numérique gagne chaque jour du terrain.

Amazon poursuit sa percée outre-Atlantique dans le secteur de la santé. À partir de décembre prochain, le géant américain donne accès à un nouveau service de pharmacie directement implanté dans des centres de soins, sous la forme de distributeurs automatiques de médicaments. Ces équipements seront d’abord déployés dans certains établissements du réseau One Medical, filiale du groupe américain.

Concrètement, après sa consultation, le patient peut choisir l’option « pickup kiosk » dans l’application Amazon Pharmacy. L’ordonnance électronique, transmise par le praticien, est alors vérifiée à distance par un pharmacien agréé. Une fois la prescription validée, le patient reçoit un QR Code qu’il scanne au kiosque installé dans le centre médical afin d’obtenir son traitement.

Les automates proposeront une sélection de médicaments courants, à l’exclusion des molécules très contrôlées (comme, par exemple, les opioïdes) et des produits nécessitant d’être stockés au frais. Selon Amazon, l’objectif est de faciliter l’accès aux traitements et de réduire le nombre d’ordonnances non honorées, estimé à près d’un tiers aux États-Unis.

De PillPack à One Medical : la conquête d’Amazon

Le lancement des Pharmacy Kiosks s’inscrit dans une stratégie de long terme. En 2018, Amazon a racheté PillPack, une pharmacie en ligne spécialisée dans la préparation et la livraison de traitements à domicile, lui permettant d’obtenir des licences d’exploitation dans la plupart des États américains.

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Deux ans plus tard, le groupe a lancé Amazon Pharmacy, un service de commande et de livraison de médicaments sur ordonnance, accessible aux patients assurés ou non, avec des remises pour les abonnés Prime. En 2022, Amazon a annoncé l’acquisition de One Medical, réseau de cliniques de soins primaires. Entretemps, l’entreprise d’e-commerce a lancé Amazon Clinic, une plateforme de téléconsultation.

Ces initiatives traduisent la volonté d’Amazon de maîtriser l’ensemble du parcours de soins, de la consultation à la délivrance.

Mais cette progression reste sous surveillance. En 2022, sa filiale PillPack a dû verser près de six millions de dollars pour solder un litige avec la justice américaine, lié à des surfacturations dans les programmes Medicare et Medicaid. Une affaire qui illustre les difficultés d’un acteur de l’e-commerce à s’imposer durablement dans un secteur aussi réglementé que la pharmacie, même aux États-Unis et même quand on s’appelle Amazon.

Des automates pour combler le vide

Aux États-Unis, l’émergence de ces distributeurs automatiques peut s’expliquer par un maillage pharmaceutique fragilisé. Ces dernières années, la fermeture de milliers d’officines indépendantes a créé de vastes «pharmacy deserts», dans lesquels les habitants n’ont pas d’accès rapide à leurs traitements. Dans certaines zones rurales ou défavorisées, les distributeurs de médicaments peuvent apparaître comme une solution de dernier recours pour maintenir l’accès aux médicaments. C’est du moins l’argument avancé par le géant américain. 

Avec ses Pharmacy Kiosks, Amazon confirme l’essor de la pharmacie dématérialisée aux États-Unis. Portés par la commodité du numérique, les services en ligne et automatisés gagnent du terrain sur les officines physiques, déjà fragilisées par des fermetures en série. Le comptoir traditionnel cède progressivement la place à l’écran.