Conscience des pharmaciens : l’heure de la rétrocession ?

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Publié le 11 septembre 2004
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On savait que, considéré par les autorités comme bêta de base (BB), le médecin lambda n’avait pas le droit de prescrire certains médicaments. Grâce au « décret rétrocession », le pharmacien de base aura, lui, acquis le droit de les délivrer ; mais il n’aura toujours pas le droit de vendre un vasoconstricteur sans ordonnance… Le BB aurait d’autant plus tort d’être jaloux qu’il a désormais le droit d’avorter à son cabinet, avec une spécialité, la mifépristone, dont on oublie trop souvent qu’elle a eu toutes les peines du monde à obtenir son AMM en France : on se demande bien pourquoi, vu que les responsables de ce développement problématique, désormais reconvertis dans l’avortement à domicile, entretiennent avec les autorités sanitaires des rapports manifestement excellents. N’ont-ils pas obtenu pour le misoprostol un prix exorbitant en récompense d’un développement qui, pour l’essentiel, a consisté à passer d’une boîte de 60 comprimés à un blister de 2 comprimés – tout en transposant sans vergogne des études menées par l’OMS dans la brousse ? Qui a dit que la recherche pharmaceutique française allait mal ?

L’ennuyeux, c’est qu’avec une présentation aussi originale, il sera difficile au pharmacien de base d’ignorer l’usage du produit qu’il délivre. Et sa conscience, là-dedans ?

Il n’a qu’à se la mettre sous blister, en la reconditionnant par petites unités : ça peut rapporter gros…

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