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- 2/5 – Orthèses du tronc : soutenir le rachis lombaires, thoraciques et la paroi abdominales

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2/5 – Orthèses du tronc : soutenir le rachis lombaires, thoraciques et la paroi abdominales
Bandes, ceintures et corsets de série sont proposés pour soutenir et/ou immobiliser à divers degrés le rachis thoracique, lombaire ou la paroi abdominale pour une utilisation temporaire ou discontinue. Le plus souvent, l’objectif est antalgique et/ou de favoriser un rétablissement postopératoire.
On parle généralement d’orthèses de série de soutien, les orthèses réalisées sur mesure pour stabiliser, voire corriger un segment anatomique de façon personnalisée (non traitées ici), étant le plus souvent dites de maintien.
Orthèses lombaires
Mécanisme d’action
Principalement indiquées dans les lombalgies, les orthèses lombaires associent une immobilisation plus ou moins importante et étendue du rachis lombaire, un rappel postural, une correction partielle de la lordose (courbure excessive de la colonne vertébrale vers l’intérieur) et un effet « caisson abdominal » : en augmentant la pression intra-abdominale, elles diminuent les contraintes discales. Elles procurent, par ailleurs, un effet thermique et myorelaxant qui favorise la détente musculaire.
Les modèles
L’utilisation de dénominations variables selon les fabricants est parfois déroutante, mais on peut distinguer les catégories d’orthèses lombaires, d’après leur classification à la liste de produits et prestations remboursables (LPPR), selon un degré croissant de contention du rachis.
Bandes ceintures de soutien lombaire
Généralement en tissu élastique, d’une hauteur minimale de 14 cm devant et de 24 cm dans le dos, elles sont munies d’éléments de soutien dorsaux souples, de type ressort ou plaque dorsale.
Ceintures de soutien lombaire (CSL)
Les plus fréquemment prescrites, elles sont généralement proposées en deux hauteurs dorsales (21 et 26 cm) et comportent a minima 4 ressorts en acier dans le dos, 2 ressorts souples à l’avant, et une fermeture ventrale autoagrippante réglable. Le degré de contention varie selon la rigidité du textile et de la présence de brides de rappel additionnelles. Des adjonctions sont parfois présentes : pack chaud/froid à insérer dans la ceinture, bretelles pour le maintien, pelotes lombaires ou sacrées pour une action ciblée, etc.
Corsets d’immobilisation et de maintien
Parfois appelés « ceintures corsets » par certains fabricants, ils se distinguent des CSL par leur taille, généralement plus haute, et par des éléments de stabilisation supplémentaires qui restreignent davantage l’amplitude des mouvements de la colonne lombaire : textile renforcé et moins élastique, baleines dorsales supplémentaires, coque semi-rigide ou thermoformable, sangles de rappel, filin de traction, bretelles ou jarretelles pour le maintien en place, notamment.
Corsets d’immobilisation et de maintien en hyperextension du rachis (CIMRH)
Réservés aux atteintes plus sévères, ils comportent au moins un point d’appui pubien et sternal, et un plastron dorsal réglable, avec armature métallique ou en plastique. Ils existent en version avec appui mentonnier ou minerve complète pour un maintien associé du rachis cervical.

Orthèses abdominales
Mécanisme d’action
Les ceintures de soutien abdominal de série (dites CSB dans la LPPR) exercent une compression mécanique qui soutient les muscles et réduit la distension abdominale. Même si ce n’est pas leur fonction première, elles limitent les contraintes sur les lombaires en stabilisant le tronc. À noter que des modèles procurant à la fois un soutien abdominal et lombaire existent, mais sont classés dans les orthèses de soutien lombaire.
Les modèles
La LPP distingue deux types de ceinture de série selon leur hauteur antérieure : du bord supérieur du pubis à l’ombilic (CSB a) ou à un point à mi-distance entre l’ombilic et la pointe de l’appendice xiphoïde (CSB b), appendice cartilagineux qui constitue la partie terminale inférieure du sternum. Fabriquées en partie ou entièrement en tissu élastique, elles comportent 2 à 4 baleines souples devant, 2 aciers ressorts dans le dos, et une fermeture réglable. Le degré de contention varie selon l’élasticité et l’épaisseur du tissu, la souplesse des baleines (parfois amovibles), la présence d’une patte hypogastrique et/ou d’une plaque antérieure plus ou moins rigide. Certaines sont munies de passe-doigts pour faciliter la mise en place et le serrage, d’autres intègrent un plastron prédécoupé ou découpable pour dispositifs de stomie ou de drainage (dans ce dernier cas, des ceintures sur mesure sont néanmoins souvent privilégiées).
Orthèses thoraciques
Mécanisme d’action
En appliquant une contention circulaire modérée, les orthèses thoraciques diminuent les contraintes mécaniques sur le rachis et limitent les mouvements costaux pour un effet antalgique et propice à la cicatrisation, notamment en cas de traumatisme bénin (contusion et fracture costale non déplacée).
Les modèles
Les bandes thoraciques à enroulement en tissu élastique permettent une contention progressive par enroulements superposés et se ferment par des crochets.
Les ceintures thoraciques, ou bandes thoraciques de contention préformées, ne font qu’un tour du thorax et se ferment par bande autoagrippante réglable. Certaines sont munies de bretelles et d’un coussin cicatriciel amovible. Elles offrent une mise en place simplifiée par rapport aux bandes thoraciques mais ne sont pas prises en charge.
Orthèse de maternité
Des ceintures sont proposées pour soulager les douleurs dorsales et/ou pelviennes pendant la grossesse, voire en postpartum. Les ceintures pelviennes, constituées d’une bande ventrale et d’une faible hauteur dorsale, n’offrent pas de soutien lombaire et sont peu utilisées. Les patientes sont généralement dirigées vers une orthèse de soutien lombaire, bandes-ceintures ou CSL, qui partagent les mêmes caractéristiques et bénéfices sur les lombaires que les « classiques », mais comportent un bandeau de contention ventral ergonomique. Ce bandeau exerce un rappel de posture (diminution de la cambrure) et limite les tensions liées au poids supplémentaire. Certains modèles sont munis de sangles de rappel postural pour moduler la contention, et de passe-doigts pour faciliter la mise en place.
Délivrance
Mesures
Si plusieurs tailles existent, le choix nécessite généralement la mesure de la circonférence de la zone concernée (tour de taille, de poitrine, de bassin, etc.), prise en position debout, sans serrer le ventre ou bloquer la respiration. Quand un modèle existe en différentes hauteurs, prendre en compte la taille de la personne (notamment CSL 21 cm pour une taille de moins de 1,70 m ou 26 cm au-delà), et la localisation de la douleur : la zone douloureuse doit être couverte par l’orthèse. Les ceintures sont le plus souvent mixtes, mais certains modèles « Lady » ont une découpe plus adaptée à l’anatomie féminine, d’autres XXL ou « Plus » s’adaptent aux grandes tailles ou au surpoids. À noter : pour une circonférence supérieure à 100 cm ou une différence entre la taille et les hanches supérieure à 20 cm, la réglementation impose la fabrication d’une ceinture sur mesure.
Essayage
L’essayage, à l’exception des modèles de corset d’immobilisation en hyperextension dont la mise en place est réservée au praticien, doit être systématique pour vérifier la taille et le port. Les baleines sont positionnées de part et d’autre de la colonne vertébrale, sans appui direct sur les apophyses épineuses, et la zone douloureuse doit se situer en dessous du bord supérieur de la ceinture. Pour les ceintures lombaires, le bord inférieur doit arriver au niveau du sacrum. La bande sous-ventrale des modèles « Maternité » doit être placée au-dessus du pubis, en épousant l’arrondi du ventre. Ajuster progressivement la ceinture jusqu’à un serrage ferme mais non contraignant, permettant de percevoir le soutien sans gêne. Faire asseoir le patient pour vérifier que l’orthèse reste confortable, ne remonte pas et ne comprime pas excessivement l’abdomen ou la région costale. Les baleines conformables peuvent être courbées à la main ou en s’appuyant sur le bord d’une table pour s’adapter à la lordose physiologique. Demander au patient de mettre en place seul l’orthèse pour vérifier ses capacités.
Prise en charge
L’Assurance maladie rembourse sur la base du tarif LPP certaines orthèses répondant aux spécificités décrites dans la liste (voir tableau page 5), sur prescription d’un médecin ou d’un kinésithérapeute pour les CSL et bandes-ceintures de série. Noter que la majorité d’entre elles sont inscrites dans la catégorie des « ceintures médicochirurgicales et corsets orthopédiques en tissu armé », sauf les bandes thoraciques à enroulement, inscrites dans le chapitre des bandes de contention élastiques. Une demande d’entente préalable n’est pas nécessaire, le prix de vente n’est pas limité (dépassement possible). La prescription doit préciser la désignation de l’article, ainsi que la nature et le siège de l’atteinte.
Conseils
Port
Le port est diurne, en continu lors des phases algiques aiguës ou en discontinu lors d’activités qui provoquent la douleur ou en prévention (travailleurs de force, voyage, par exemple). Le port nocturne est rarement indiqué, sauf avis médical spécifique. Le port prolongé peut modifier l’activité musculaire, mais les études ne montrent pas de fonte musculaire. Il est utile de conseiller d’intercaler un sous-vêtement fin en coton entre la ceinture et la peau pour limiter le risque d’irritation et de macération.
Entretien
Laver l’orthèse régulièrement pour maintenir son élasticité, à la main (ou en machine, en cycle délicat si la notice le prévoit) avec une eau tiède (+ 30 à + 40 °C) et un savon doux, après avoir collé sur elles-mêmes les bandes autoagrippantes et ôté les baleines qui sont amovibles. Rincer sans tordre, sécher à plat à l’air libre, loin d’une source de chaleur. Éviter le contact de l’orthèse avec des corps gras (lait, crème, huile corporelle, notamment), qui peuvent détériorer les fibres élastiques.
Au quotidien
Rappeler que l’orthèse est une aide et non un substitut aux règles d’économie rachidienne. Pour soulever une charge notamment, fléchir les genoux, garder le dos droit et maintenir la charge près du corps.
Avec l’aimable collaboration du Syndicat national de l’orthopédie française (SNOF)
Article issu du cahier Formation n° 3606, paru le 25 avril 2026.

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