1/5 – Orthèses du cou : soulager les douleurs cervicales

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1/5 – Orthèses du cou : soulager les douleurs cervicales

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Publié le 24 avril 2026
Par Anne-Gaëlle Harlaut
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Les orthèses du rachis cervical vise à soulager des douleurs et permettre un retour progressif vers la mobilité. Les différents types d’orthèses sont détaillés pour identifier le dispositif le plus adapté aux patients.

Le rachis cervical est composé de 7 vertèbres (C1 à C7), séparées par des disques amortissants, et articulées par des muscles, tendons et ligaments. Il soutient la tête, permet ses mouvements de flexion-extension et de rotation, et protège la moelle épinière dans le canal rachidien. Les atteintes, qui nécessitent un maintien, voire une limitation plus ou moins stricte des mouvements du rachis, sont principalement d’origine traumatique, musculaire (contracture de type torticolis) ou rhumatologique, telles qu’une arthrose, une hernie discale, une compression nerveuse, responsable de névralgie cervicobrachiale.

Les colliers cervicaux

Les colliers de série, en un ou deux blocs emboîtables, sont constitués de mousse et/ou d’éléments rigides, selon le degré d’immobilisation indiqué. Ils se ferment et s’ajustent par bandes autoagrippantes. Utilisés dans la prise en charge des pathologies cervicales, ces colliers diminuent la charge de la tête, maintiennent les cervicales, et limitent plus ou moins les mouvements du rachis. La chaleur procurée localement renforce l’effet antalgique et décontracturant.

Modèles

Les colliers cervicaux sont classés de C1 à C4 selon le degré de maintien et d’immobilisation conféré par leur structure plus ou moins rigide.


Colliers C1 : correspond à « pour soutien léger » dans la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) : souples, sans élément rigide, ils sont en mousse recouverte de tissu, généralement prédécoupés en plusieurs tailles selon la circonférence du cou, mais des modèles « à découper » existent. Ils limitent peu les mouvements, mais ont un effet antalgique et de rappel de posture.

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Colliers C2 : « pour soutien moyen non réglable en hauteur » dans la LPPR : ils intègrent un élément rigide à l’intérieur ou à l’extérieur, fixe ou amovible (pour transformation en C1).


Colliers C3 : « pour soutien moyen réglable en hauteur » dans la LPPR : deux plaques emboîtables – généralement capitonnées pour le confort et perforées pour la ventilation – permettent de régler la hauteur du collier pour adapter l’immobilisation (en général, entre 8 et 19 cm, selon les marques). Ils peuvent être munis d’une mentonnière.


Colliers C4 : « mini-minerves » dans la LPPR, appelées encore « Philadelphia » ou « California » : rigides, généralement réglables en hauteur, ils permettent une immobilisation plus stricte, renforcée par 4 appuis : mentonnier, sternal, occipital et dorsal. Certains intègrent une ouverture pour trachéotomie et sont constitués de matériaux radiotransparents.

Délivrer

Choix du modèle

Il dépend de l’atteinte, de sa sévérité et de son évolution, l’immobilisation pouvant être progressivement régressive. Le conseil officinal se borne à la prise en charge des torticolis, toute autre cervicalgie devant faire l’objet d’une consultation.

Mesures

Elles varient selon le fabricant, la circonférence du cou (sans serrer le mètre mesureur) et la hauteur du menton à la base du sternum (sans épouser la courbe du cou) étant généralement requises. Il existe des modèles pédiatriques ou « grande largeur », voire à découper (C1) pour s’adapter aux particularités anatomiques.

Essayage

Il permet de vérifier la taille et le port, sauf pour les C4 dont la mise en place nécessite généralement l’intervention du praticien prescripteur. Le patient se tient tête droite (la tête et le tronc alignés), le côté du collier avec découpe anatomique (profilée pour le menton, présent sur la majorité des modèles) se place sur l’avant du cou. Ajuster la bande autoagrippante, de façon à ce que le collier ne soit ni lâche ni serré, et qu’il ne comprime pas la trachée. Vérifier la hauteur et la largeur : la tête doit être maintenue en légère extension (le patient ne doit pas pouvoir regarder ses pieds), les bords du collier doivent se rejoindre dans la nuque sans se chevaucher. Le port doit être confortable, avec une action souvent d’emblée antalgique.

Prise en charge

Elle est possible sur prescription d’un médecin ou d’un ergothérapeute pour les modèles inscrits au titre 2 de la LPPR (orthèses) en nom générique et en nom de marque. Le tarif LPP unitaire à l’achat varie : 9,25 € pour les C1 ; 13,10 € pour les C2 ; 15,71 € pour les C3 et 18,77 € pour les C4. Il n’y a pas de prix limite de vente.

Substitution des dispositifs médicaux : bientôt possible

Jusqu’ici interdite, la substitution de dispositifs médicaux sera bientôt autorisée pour certains d’entre eux. Un arrêté doit paraître prochainement, il précisera la liste limitative des dispositifs concernés.

Conseiller

Port

Selon les indications du prescripteur, le port est diurne et/ou nocturne, continu ou non. Respecter la durée de port préconisée et diminuer sa durée quotidienne progressivement pour contrer la perte de tonus musculaire après un port prolongé (supérieur à 10 jours), et/ou passer à un collier avec une immobilisation moindre pour un retour progressif vers la mobilité. Éviter de conduire avec un collier cervical en raison de la limitation des mouvements du cou, nécessaires à la sécurité.

Entretien

Laver avec un savon neutre à + 30 °C, à la main ou à la machine, selon les préconisations de la notice pour les modèles souples, bandes autoagrippantes collées sur elles-mêmes. Laisser sécher à l’air libre, ne pas essorer.

Avec l’aimable collaboration du Syndicat national de l’orthopédie française (SNOF)

​​​​​​Article issu du cahier Formation n° 3606, paru le 25 avril 2026.

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