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Moins de cosmétiques, moins de polluants chimiques : un effet rapide démontré
Réduire l’usage de cosmétiques permet de diminuer en quelques jours l’exposition à plusieurs substances chimiques controversées, dont le bisphénol A, perturbateur endocrinien avéré. C’est la conclusion d’une étude de l’Inserm qui pointe également les bénéfices sanitaires et économiques d’un changement de routine cosmétique.
Une étude publiée le 7 avril dans la revue Environment International par des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), de l’Université Grenoble Alpes et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) montre notamment que l’utilisation de produits cosmétiques est une source importante d’exposition à certaines substances chimiques controversées. La limitation de leur usage pour rapidement apporter un bénéfice.
Une baisse significative de l’exposition en cinq jours
Pendant cinq jours, les 103 participantes à l’étude ont réduit leur usage de cosmétiques et remplacé certains produits d’hygiène (savon, dentifrice) par des alternatives sans phénols, parabènes, phtalates ni éthers de glycol.
En comparant les biomarqueurs urinaires d’exposition avant et après cette période, les auteurs ont observé une diminution des concentrations de méthylparabène et de phtalate de monoéthyle – deux perturbateurs endocriniens suspectés – de 30 % et 22 %, respectivement, et jusqu’à 39 % pour le bisphénol A (BPA) – perturbateur endocrinien avéré et reprotoxique présumé, classé comme « substance très préoccupante » –, alors même que cette substance est interdite dans les cosmétiques en France depuis 2005.
« Ce qui est intéressant, c’est la rapidité avec laquelle on observe ces diminutions, en seulement cinq jours », souligne Nicolas Jovanovic, doctorant à l’Université Grenoble Alpes et premier auteur de l’étude.
Des bénéfices sanitaires et économiques
Si la précocité des effets observés s’explique surtout par l’élimination rapide de ces composés par l’organisme, ces résultats confirment également l’impact de l’utilisation de produits du quotidien sur l’exposition à des substances chimiques associées à des risques pour la santé.
En se concentrant sur le bisphénol A, les chercheurs ont également estimé les potentiels bénéfices sanitaires et économiques d’un changement de routine cosmétique à l’échelle de la population. Ils évoquent ainsi la prévention d’environ 4 % des cas d’asthme chez les enfants exposés in utero, ainsi que des économies pouvant atteindre 9,7 millions d’euros par an en coûts de santé.
Au-delà des seuls efforts individuels, les auteurs rappellent que la réduction durable de l’exposition à ces polluants chimiques passe aussi par des mesures réglementaires sur la composition des produits et de leurs emballages.
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