Coût des seringues, rémunération insuffisante, la vaccination anti-Covid-19 vacille

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Coût des seringues, rémunération insuffisante, la vaccination anti-Covid-19 vacille

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Publié le 21 avril 2026
Par Elisabeth Duverney-Prêt
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À peine lancée, la campagne de renouvellement vaccinal contre le Covid-19 pour les personnes les plus fragiles se heurte à des difficultés. En cause, la fin de la fourniture de seringues et d’aiguilles aux officines, qui complique l’approvisionnement et suscite la mobilisation des syndicats de pharmaciens.

La décision de la direction générale de la santé (DGS) de ne plus fournir seringues et aiguilles aux officines pour les vaccinations contre le Covid-19 suscite l’inquiétude. Ces dispositifs doivent désormais être achetés via le circuit classique, les autorités estimant que l’approvisionnement est revenu à la normale. Pourtant, sur le terrain, des pharmaciens font état de difficultés à se procurer ces dispositifs d’injection. La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) dénonce une décision prise sans anticipation suffisante, qui fragilise l’organisation de la campagne et pourrait freiner la vaccination des publics à risque. Une position partagée par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO).  « Si rien n’est prévu, la question de l’arrêt de la vaccination par les pharmaciens va clairement se poser. Certains confrères écoulent leurs stocks de seringues, mais envisagent d’arrêter la vaccination une fois qu’ils seront épuisés », alerte Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO. 

Revaloriser l’acte

Au-delà des tensions d’approvisionnement, la question économique alimente le débat. La prise en charge du coût des seringues et aiguilles par les officines vient amputer une rémunération déjà jugée insuffisante. Fixée à 7,50 euros en métropole, elle est dénoncée par la FSPF, qui évoque une dégradation des conditions économiques et demande une revalorisation de l’acte. De son côté, l’USPO réclame un retour à une livraison de vaccins avec les seringues, ou à défaut estime que la rémunération de la vaccination devrait être portée à un niveau plus conforme à la pratique, évoquant un tarif autour de 15 euros.

Quelle que soit la décision prise par les autorités, les organisations professionnelles appellent à une réaction rapide. Faute d’ajustements, elles redoutent un désengagement des pharmaciens et un impact direct sur la couverture vaccinale des populations les plus fragiles.

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