Protections périodiques remboursées : quels changements concrets pour l’officine ?

© Getty Images

Protections périodiques remboursées : quels changements concrets pour l’officine ?

Réservé aux abonnés
Publié le 16 avril 2026 | modifié le 17 avril 2026
Par Sana Guessous
Mettre en favori

Trois ans après son adoption dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) de 2023, la prise en charge en officine des protections périodiques entrera en vigueur à la rentrée universitaire 2026-2027. Un décret officialisant cette mesure paraîtra dans les jours à venir.

C’est un chantier sur lequel travaillent les syndicats officinaux depuis trois ans : à partir de septembre 2026, quelque 6,7 millions de femmes pourront enfin se faire rembourser des protections périodiques réutilisables achetées en officine. « En septembre dernier, la Direction de la sécurité sociale (DSS) nous disait que ce dossier était en stand-by. Cette annonce me surprend car nous avions encore certains sujets à régler, notamment les tarifs et la qualité des protections proposées aux patientes », déclare Fabrice Camaioni, vice-président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

En officine mais aussi bientôt sur Internet

Les personnes éligibles à cette mesure sont les femmes de moins de 26 ans ainsi que les bénéficiaires sans conditions d’âge de la complémentaire santé solidaire (C2S). « Dans un premier temps, les produits seront distribués uniquement par les pharmaciens, qui se fourniront directement auprès des fabricants. Lors des dernières discussions sur ce sujet, la DSS ne fermait pas la porte à l’éventualité de créer par la suite une plateforme d’achat numérique, pour répondre aux habitudes d’achat du public visé. Cette idée nous paraît saugrenue. Avec un réseau comme le nôtre, ces patientes n’auront aucun problème à pousser les portes d’une pharmacie », poursuit le syndicaliste.

Des protections durables et pas trop chères

Les coupes et culottes menstruelles proposées à partir de septembre en officine seront remboursées comme des dispositifs médicaux : 60 % du coût sera assumé par l’Assurance maladie et 40 % par les organismes complémentaires. Pour les bénéficiaires de la C2S, l’Assurance maladie prendra en charge la totalité des frais. « L’enjeu ici est d’offrir des protections techniquement performantes mais pas excessivement chères. J’espère que la qualité ne sera pas sacrifiée pour une question d’optimisation des coûts », explique Fabrice Camaioni, pour qui cette mesure « de justice sociale » est nécessaire à l’heure où quatre millions de Français se disent trop pauvres pour s’acheter des produits d’hygiène, selon le baromètre de l’association Dons Solidaires publié le 15 avril.

Ce qui reste à déterminer

Il reste quelques mois pour finaliser cette prise en charge. « Nous avons réclamé un circuit de distribution facile via les grossistes pour éviter de surstocker inutilement les produits », explique le vice-président de la FSPF. Les officinaux veulent également pouvoir s’assurer que les patientes ne se procurent pas les protections réutilisables dans plusieurs officines. « Cette information ne figurera a priori pas dans le dossier pharmaceutique. Cela risque de nous occasionner des indus », redoute le pharmacien.

Publicité