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- 4/5 – Conseils associés : accompagner le patient adulte souffrant d’obésité

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4/5 – Conseils associés : accompagner le patient adulte souffrant d’obésité
La prise en charge de l’obésité s’inscrit dans une stratégie personnalisée globale. Les patients doivent être accompagnés avec une bienveillance particulière en valorisant les efforts et en encourageant le suivi.
L’obésité vue par les patients
Impact psychologique et social
L’obésité est souvent stigmatisée et considérée comme le signe d’un manque de volonté à maigrir, ce qui peut dévaloriser profondément les patients. La difficulté à perdre du poids, alors que les efforts fournis sont importants, est souvent décourageante. D’où l’importance d’une écoute bienveillante et motivante.
Certains patients ont tendance à s’isoler voire à sortir du système de soin mis en place lorsqu’ils redoutent une incompréhension de la part des professionnels de santé. Alors que le suivi médical est primordial.
Retentissement physique
Outre les répercussions esthétiques, les patients peuvent être limités dans leurs mouvements pour de multiples raisons (dyspnée, douleurs ostéo-articulaires, etc.) et voir leurs activités quotidiennes et sociales réduites.
L’essentiel
Quelle que soit la complexité de l’obésité, l’accompagnement des modifications du mode de vie occupe une place prépondérante. Le patient doit être soutenu avec bienveillance, dans la durée, en valorisant ses efforts.
Sur le plan nutritionnel, la réduction des apports énergétiques doit être modérée, en conservant au moins 2 repas par jour et un apport protéique suffisant. Des conseils spécifiques limitent les effets indésirables digestifs des traitements de l’obésité (fractionnement des repas, hydratation suffisante) qui peuvent majorer la perte de poids.
L’activité physique adaptée limite, notamment, la perte musculaire. Elle vise à atteindre au moins 150 minutes par semaine d’une activité d’endurance d’intensité modérée.
À dire aux patients
À propos de l’accompagnement global
L’obésité est due à de multiples facteurs : déséquilibre alimentaire, activité physique insuffisante, sommeil insuffisant et stress (qui favorisent la prise de poids par des modifications du comportement alimentaire et de l’activité physique), facteurs génétiques, etc. Les régimes restrictifs qui amènent à un regain de poids à leur arrêt (effet yo-yo) sont particulièrement décourageants et délétères. Ces considérations impliquent une prise en charge nutritionnelle et des modifications du mode de vie. Le suivi est pluridisciplinaire pour prévenir ou prendre en charge des comorbidités associées ou des troubles des conduites alimentaires. Ce qui est contraignant mais indispensable. Un suivi gynécologique régulier est recommandé chez toutes femmes obèses (ou en surpoids) afin notamment d’orienter la méthode de contraception et d’anticiper une future grossesse.
Conseils nutritionnels. Bien que réduit, l’apport alimentaire doit rester suffisant avec 3 repas par jour (au minimum 2) et variés de manière à éviter toute carence et perte excessive de masse musculaire : fruits et légumes (la moitié de l’assiette), céréales de préférence complètes (un quart de l’assiette), protéines (un quart de l’assiette). Une alimentation de type méditerranéen peut être bénéfique. Ces recommandations constituent un idéal vers lequel tendre, tout en conservant la notion de plaisir.
Pour ressentir la sensation de satiété, il est recommandé d’accorder au minimum 20 minutes aux repas et de prendre le temps de mastiquer (reposer ses couverts entre les bouchées, ne pas regarder la télé ou les écrans en mangeant). Ne pas sauter de repas pour éviter les grignotages, ne pas laisser le plat sur la table après s’être servi (pour ne pas être tenter de le finir).
Activité physique. D’impact modéré sur la perte de poids, elle limite en revanche la perte de masse musculaire, diminue la graisse intra-abdominale (tour de taille), améliore les capacités cardiorespiratoires et réduit les facteurs de risque cardiovasculaires associés. Les préconisations sont les mêmes que celles des adultes en bonne santé : atteindre au moins 150 minutes par semaine d’une activité d’endurance d’intensité modérée. Les personnes obèses ayant généralement une activité physique initialement limitée, l’accompagnement par un kinésithérapeute ou un enseignant en activité physique adaptée, au moins dans un premier temps, augmente la motivation et l’efficacité de l’exercice physique. Rompre la sédentarité est, par ailleurs, bénéfique : marcher, monter les escaliers, jardiner, faire le ménage… À titre d’exemple, atteindre progressivement 11 000 à 12 000 pas par jour favorise le maintien du poids après amaigrissement.
Question de patient
« Je vais démarrer une activité physique adaptée. En quoi va-t-elle consister ? »
Elle est instaurée de manière progressive avec, au début si besoin, des exercices d’endurance en décharge (gymnastique en milieu aquatique, marche nordique avec bâton, etc.), avant de passer à des exercices en charge (marche, danse, jogging, sports de ballon ou de raquettes). Les exercices d’endurance sont à réaliser tous les jours si possible et sont complétés par du renforcement musculaire (poids, bandes élastiques, etc.) 2 à 3 fois par semaine. L’activité physique en charge est particulièrement recommandée pour limiter la perte de densité osseuse chez les femmes ménopausées, par exemple.
À propos des traitements
Il est important d’expliquer que les traitements de l’obésité (liraglutide, sémaglutide, tirzépatide) sont actuellement instaurés au long cours car leur arrêt est associé à une reprise pondérale importante (surtout sans accompagnement). S’assurer qu’un suivi par un spécialiste en nutrition est mis en place. En effet, réduisant d’environ 30 % les apports alimentaires et pouvant induire des troubles digestifs, les traitements majorent le risque de dénutrition.
Conseils nutritionnels spécifiques. Nausées, vomissements, diarrhées, constipation sont fréquents aux périodes d’augmentation des doses et doivent être accompagnés de conseils nutritionnels : manger lentement, fractionner les repas, privilégier les fruits, les légumes cuits à l’eau et les laitages, éviter les aliments peu digestes (graisses cuites, par exemple) ou odorants ; enrichir sa consommation en fibres en cas de constipation et, à l’inverse, les limiter transitoirement en cas de diarrhée. Pour limiter la perte de masse musculaire, débuter chaque repas par les protéines (viande, poisson, œuf) dont l’apport quotidien doit être d’au moins 60 g et maintenir une activité physique. La prescription de compléments nutritionnels oraux hyperprotidiques peut parfois être nécessaire. Prévoir une hydratation suffisante (au moins 1,5 litre par jour), en limitant la prise des boissons durant les repas (qui a un effet rassasiant).
La perte de poids entraînant une perte de la densité osseuse, l’apport calcique doit être suffisant (au moins 1 200 mg/jour) et les besoins en vitamine D couverts si besoin par une supplémentation, en particulier chez les femmes ménopausées et les patients à risque (suivant un régime d’exclusion, par exemple).
Activité physique. Elle est particulièrement importante pour conserver la masse musculaire. Il est recommandé d’alterner exercices de renforcement musculaire et exercices d’endurance, particulièrement chez les patients à risque de perte musculaire (patients de plus de 70 ans, perte de poids trop rapide) dont l’accompagnement par un kinésithérapeute ou un enseignant d’activité physique adaptée est recommandé.
Suivi. Il est rapproché les 6 premiers mois sur le plan nutritionnel. Chez des patients à risque de carence (plus de 70 ans, précarité, régimes d’exclusion, etc.), il est recommandé un bilan biologique initial (NFS, plaquettes, ionogramme, ferritine, calcémie, vitamines B9 et B12, notamment) et l’instauration d’emblée d’une supplémentation en vitamines et oligoéléments durant au moins 6 mois. Chez tous les patients, une perte de poids excessive (> 10 % à 3 mois ou > 20 % à 6 mois) ou des troubles digestifs sévères justifient également un bilan micronutritionnel et la correction de tout déficit ou carence.
En savoir plus
Haute Autorité de santé, sur le site figurent notamment les recommandations de bonne pratique de prise en charge de l’obésité de l’adulte (2e et 3e niveaux) et le parcours de soins « Surpoids et obésité de l’adulte » mis à jour en 2024.
Centres spécialisés de l’obésité, le référentiel précisant la place des traitements médicamenteux de l’obésité rédigé par le Groupe de concertation et de coordination des centres spécialisés de l’obésité (GCC-CSO) y est disponible.
CNAO, le Collectif national des associations d’obèses (CNAO) regroupe 12 associations de patients souffrant d’obésité dont les contacts sont disponibles dans la rubrique « Associations ».
Avec l’aimable collaboration de la Dre Hélène Lelandais, médecin nutritionniste au centre de nutrition Bois-Guillaume, CHU de Rouen (Seine-Maritime).
Article issu du cahier Formation n° 3604, paru le 11 avril 2026.

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