• Accueil
  • Conseils
  • Fiches pratiques
  • Quelles sont les manifestations cliniques évocatrices d’une exposition chronique ou excessive au protoxyde d’azote ?
Quelles sont les manifestations cliniques évocatrices d’une exposition chronique ou excessive au protoxyde d’azote ?

© Getty Images

Quelles sont les manifestations cliniques évocatrices d’une exposition chronique ou excessive au protoxyde d’azote ?

Publié le 5 avril 2026
Par Mathilde Combel
Mettre en favori

[QUESTION DE COMPTOIR] La maman de Théo, 19 ans, s’inquiète : depuis quelque temps, elle craint qu’il consomme du protoxyde d’azote lors de ses soirées. Elle vous demande quels signes pourraient l’alerter. Que lui répondez-vous ?

Le protoxyde d’azote (N₂O) fait l’objet d’un usage détourné en forte augmentation depuis plusieurs années, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes. Ce gaz, administré par inhalation comme adjuvant de l’anesthésie et de l’analgésie, est classé sur la liste I des substances vénéneuses depuis 2021. Il est également utilisé comme additif alimentaire en tant que gaz propulseur.

Lors d’une consommation ponctuelle, les principaux risques sont des vertiges, une désorientation, une hypoxie susceptible d’entraîner une perte de connaissance, ainsi que des brûlures par le froid au niveau de l’oropharynx en cas d’inhalation directe depuis une cartouche ou une bonbonne.

Troubles de l’équilibre, psychiatriques, dépendance…

Une consommation répétée ou importante expose à des complications graves. Sur le plan neurologique, des troubles sensitifs et moteurs peuvent apparaître : paresthésies, perte d’équilibre, voire paraplégie avec dysfonctionnements sphinctériens ou sexuels. Des complications vasculaires (thromboses veineuses ou artérielles), psychiatriques (anxiété, dépression) et cognitives sont également décrites, ainsi qu’un risque de dépendance. Ces effets s’expliquent notamment par une inactivation de la vitamine B12, entraînant des atteintes neurologiques centrales et périphériques parfois irréversibles. Enfin, chez les femmes en âge de procréer, l’exposition comporte un risque tératogène et fœtotoxique. Aucun seuil d’innocuité n’est établi pour un usage récréatif.

Actuellement, le gouvernement discute de la possibilité de restreindre la vente du protoxyde d’azote aux seuls professionnels.

Publicité

Source : « Protoxyde d’azote (N2O) : alerte sur les risques sanitaires liés aux usages détournés », Académie nationale de pharmacie, janvier 2026 ; « Protoxyde d’azote : risques pour sa santé et comment se protéger ? », agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, mars 2026.