Servier en passe de finaliser la cession de Biogaran

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Servier en passe de finaliser la cession de Biogaran

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Publié le 27 janvier 2026
Par Christelle Pangrazzi
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Le groupe Servier a obtenu l’ensemble des autorisations réglementaires lui permettant de finaliser la cession de sa filiale exploitant les médicaments génériques Biogaran au fonds d’investissement britannique BC Partners. L’annonce a été faite par Pascal Lemaire, vice-président exécutif Finance du groupe, lors de la présentation des résultats annuels 2024-2025.

Le projet de vente de Biogaran avait été rendu public en mai 2024. Plusieurs acquéreurs potentiels s’étaient positionnés, dont les groupes Benta, Aurobindo, Torrent et BC Partners. Le gouvernement s’était toutefois opposé à l’opération, ce qui avait notamment conduit Servier à y renoncer en septembre 2024, faute d’acquéreur répondant à l’ensemble de ses critères.

Les discussions ont repris avec BC Partners en septembre 2025. La cession devrait désormais intervenir prochainement. Servier justifie cette opération par une orientation stratégique visant à allouer ses capitaux en priorité à l’oncologie, tout en souhaitant trouver un partenaire capable de développer les activités de Biogaran.

Le président de Servier, Olivier Laureau, précise que les produits de la cession seront intégralement réinvestis dans le développement du groupe, conformément à son statut de fondation sans actionnaire.

Des résultats financiers en hausse

Sur l’exercice 2024-2025, Servier a réalisé un chiffre d’affaires de 6,8 milliards d’euros, en hausse de 16,2 %. Les ventes se répartissent entre 5,3 milliards d’euros pour les médicaments princeps et 1,5 milliard d’euros pour les génériques.

La croissance est principalement portée par l’oncologie, notamment aux États-Unis, pays assurant 22 % du chiffre d’affaires du groupe. L’Union européenne compte pour 41 % du chiffre d’affaires.

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L’excédent brut d’exploitation atteint 1,9 milliard d’euros, soit 28,2 % du chiffre d’affaires. Le résultat d’exploitation s’élève à 1,4 milliard d’euros. Le résultat net progresse à 659 millions d’euros.

Servier maintient son objectif d’atteindre un chiffre d’affaires annuel de 10 milliards d’euros à l’horizon 2030, avec un ratio d’Ebitda supérieur ou égal à 30 %.

La France, la R&D et la production

Hors filiale Biogaran, la France représente 3,2 % du chiffre d’affaires du groupe, mais concentre 45 % des investissements en recherche, production, intelligence artificielle et data. Servier indique que 96,1 % des principes actifs de ses médicaments sont synthétisés en France.

Recherche : ce qu’il y a dans le pipeline

Le groupe met en avant Voranigo, homologué dans le gliome, devenu son premier médicament avec 800 millions d’euros de ventes. Les autres médicaments majeurs en oncologie sont Tibsovo et Oncaspar.

Dans le cardiométabolisme et les maladies veineuses, Daflon atteint 650 millions d’euros de chiffre d’affaires. Servier attend par ailleurs une autorisation de mise sur le marché pour Quadrixam, destiné à l’hypertension résistante.

Servier travaille à réduire le temps d’accès au marché de ses médicaments et à améliorer les taux de succès grâce à l’intelligence artificielle. Le groupe développe également son pipeline en neurologie, en ciblant les maladies rares et ultra rares. Avec APM

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