Sommeil, activité physique, diabète : la qualité de vie, un privilège social ?

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Sommeil, activité physique, diabète : la qualité de vie, un privilège social ?

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Publié le 26 décembre 2025
Par Pierre-Alexandre Lhotellier

Si l’influence des facteurs sociaux – tels que le genre ou la situation socio-économique – sur la qualité de vie est désormais bien établie, le baromètre 2024 de Santé publique France, publié le 11 décembre 2025, en précise l’ampleur. Menée auprès de 35 000 personnes, cette vaste enquête éclaire les inégalités à l’œuvre en matière de sommeil, de pratique d’activité physique et de prévalence du diabète.

Derrière les 7 h 32 de temps de sommeil moyen par nuit mesuré par Santé publique France, le rapport démontre que « la situation financière perçue est de loin le facteur qui impacte le plus [le sommeil], tant en quantité qu’en qualité ». Les personnes précaires sont ainsi près de deux fois plus nombreuses à se plaindre d’insomnie par rapport aux personnes les plus aisées (25 % contre 46 %), et dorment en moyenne 16 minutes de moins par nuit (7 h 22 contre 7 h 38). Un écart structurel que Santé publique France explique en grande partie par « des conditions d’environnement du sommeil souvent perturbées chez les personnes aux revenus plus modestes : bruit, manque d’espace tranquille, temps de transport allongé, insécurité ». 

L’activité physique, un loisir inégalement accessible

De la même façon, « la pratique d’activité physique dans le cadre des loisirs reste très marquée socialement ». Si 40 % des adultes déclarent une pratique régulière, cette proportion tombe ainsi à 31 % pour les ouvriers et même 26 % pour les personnes en précarité financière. Santé publique France explique cette différence, entre autres, par le fait que « les quartiers les plus pauvres sont souvent moins verts, plus pollués et moins sécuritaires », incitant ainsi moins à la pratique de sport en plein air. 

Le diabète, reflet des inégalités sociales

Maladie chronique altérant fortement la qualité de vie, le diabète – en particulier de type 2 – souffre de la même différenciation sociale : s’il concerne 7 % de la population générale, sa prévalence atteint par exemple 11 % chez les ouvriers et 9 % chez les personnes précaires, Six diabétiques sur dix déclarent par ailleurs être en difficulté financière ou devoir « surveiller leurs dépenses ».

Loin de relever uniquement des comportements individuels, ces inégalités de qualité de vie s’enracinent dans des déterminants sociaux, rappelle Santé publique France. En première ligne figurent les ressources financières, qui conditionnent notamment « l’accès à une alimentation saine » et « à un logement adéquat dans un quartier favorable à la santé ».

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Décryptage du baromètre 

Le baromètre fera l’objet d’un décryptage en plusieurs articles : 

1/ Tabac, alcool : renforcer la prévention pour réduire les comportements à risque

2/ Santé mentale : des troubles psychiques fréquents insuffisamment pris en charge

3/ Changements climatiques : quel impact sur la santé et la vie des Français ? 

4/ Vaccination, antibiorésistance, maladie de Lyme : les Français sont-ils bien informés ? 

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