Code de déontologie, études de pharma, génériques… la ministre de la Santé assume

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Code de déontologie, études de pharma, génériques… la ministre de la Santé assume

Publié le 24 novembre 2025
Par Christelle Pangrazzi
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Stéphanie Rist, la ministre de la Santé, avait enregistré son allocution pour pallier son absence à la 37e Journée de l’Ordre national des pharmaciens. Entre révision du code de déontologie, mise en œuvre enfin actée de la réforme du troisième cycle des études de pharmacie, déploiement du label France Santé et obligation vaccinale contre la grippe pour les soignants, la ministre affiche sa volonté de lever plusieurs blocages.

Devant les élus ordinaux réunis au Beffroi de Montrouge (Hauts-de-Seine) le 24 novembre 2025 pour la 37e Journée de l’Ordre national des pharmaciens, Stéphanie Rist a une nouvelle fois défendu la création du réseau « France Santé ». Un dispositif encore contesté au Parlement mais présenté comme un levier de lisibilité territoriale. « Nous prenons appui sur les solutions déjà construites par les professionnels et nous les rendons visibles. Avec France Santé, votre engagement sera accompagné, soutenu et reconnu », a-t-elle affirmé.

Revendiquant une « logique d’appui opérationnel », la ministre a également évoqué le développement des antennes pharmaceutiques, appelées à se multiplier.

Attractivité : la réforme du troisième cycle enfin appliquée

Sujet attendu depuis presque dix ans, la réforme du troisième cycle  des études de pharmacie, initiée en 2016, annoncée puis repoussée à plusieurs reprises, va enfin entrer dans sa phase d’application. « Elle sera validée cette année. Les textes finaux sont prêts, transmis aux instances consultatives et seront publiés avant la fin de l’année pour une application à la rentrée 2026 », a confirmé Stéphanie Rist.

Cette réforme prévoit notamment :
• la création du statut de pharmacien junior en sixième année ;
• une meilleure gratification des étudiants ;
• une montée en compétences sur les différents modes d’exercice ;
• un objectif explicite : renforcer l’attractivité des zones rurales.

La ministre a par ailleurs souhaité avancer sur la reconnaissance du statut des maîtres de stage universitaires.

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Vaccination contre la grippe obligatoire

Stéphanie Rist a rappelé que la couverture vaccinale des professionnels de santé restait « trop faible », alors même que la grippe a provoqué 17 000 décès en 2024. « C’est pourquoi le gouvernement souhaite rendre obligatoire la vaccination contre la grippe pour les professionnels de santé et ceux en contact avec les patients. Je sais pouvoir compter sur vous », a-t-elle insisté.

L’obligation sera fondée sur les recommandations attendues de la Haute Autorité de santé, prévues au printemps.

Transparence économique : une mission sur les remises

La ministre a ouvertement reconnu la sensibilité du dossier économique lié aux remises. « Ce dossier nous a tous mobilisés. J’ai annoncé le lancement d’une mission sur les remises (mission Igas – IGF NdlR). Dans les prochains mois, elle devra proposer des pistes concrètes et apporter davantage de transparence pour rendre la chaîne du médicament plus juste. » Cette mission devra articuler régulation, équilibre économique des officines et équité entre acteurs.

Numérique et IA : un pharmacien recentré sur le pilotage clinique

La ministre a réaffirmé la place centrale des pharmaciens dans la nouvelle stratégie nationale d’intelligence artificielle en santé. Elle annonce un DMP « réellement utilisé par tous », enrichi par l’IA pour mieux exploiter les données, « mieux prédire, mieux accompagner et donc mieux soigner ».

Un nouveau code de déontologie dans trois mois

Arlésienne s’il en est, la refonte du code de déontologie des pharmaciens arrive à son terme. « La Commission européenne vient d’être saisie pour la dernière étape. La publication interviendra donc d’ici trois mois », a confirmé la ministre.

Ce nouveau code doit moderniser :
• les règles de communication ;
• les conditions d’exercice ;
• la place du pharmacien dans les parcours structurés de soins ;
• la protection du patient.

« Votre profession a toujours su évoluer, s’adapter, innover. Notre responsabilité collective est de vous accompagner, de soutenir votre engagement et de préparer ensemble l’avenir. », a conclu la ministre. 

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