Groupements : la guerre des modèles est-elle déclarée ?

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Groupements : la guerre des modèles est-elle déclarée ?

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Publié le 7 novembre 2025
Par Audrey Fréel
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Coopératives, structures adossées à des fonds d’investissement, fédérations d’indépendants et groupements d’intérêt économoique (GIE)… Les groupements d’officines se caractérisent par la diversité de leurs approches. Principaux modèles.

D’après Gers Data, 91 % des pharmacies françaises appartiennent à un groupement ou à un GIE. En 2025, l’Observatoire LPC (Labo Pharma Conseils) en recensait 98. Trois grandes familles se dessinent : les coopératives, les structures soutenues par des fonds d’investissement et les fédérations d’indépendants et GIE.

Le modèle coopératif prédomine

Actuellement, le modèle coopératif reste le plus représenté dans le secteur officinal. Selon la Fédération du commerce associé (FCA), environ 11 000 pharmacies sur les 20 000 officines françaises adhéreraient à au moins une coopérative ou à un groupement associé. Ce modèle est aussi le plus ancien : la coopérative Giphar, fondée en 1968, s’impose comme pionnière en la matière. Parmi les acteurs du secteur figurent aussi Giropharm, Astera, Elsie Santé, Kare Pharma Plus ou encore le groupement associé, Totum. La gouvernance, assurée par des titulaires en exercice, repose sur le principe « Une personne, une voix », qui garantit une représentation équitable de toutes les officines. Les excédents de gestion sont soit redistribués directement aux adhérents, soit réinvestis dans les activités de la coopérative. 

L’essor des groupements détenus par des fonds

Au cours des dernières années, le marché officinal a également vu fleurir des groupes et groupements tels que Hygie31, Evecial, Médiprix ou encore Healthy Group. Selon Gers Data, ils détiennent à présent près de 15 % des officines en France. L’arrivée des fonds remonte à 2016, avec le rachat de Lafayette Conseil par Five Arrows. Si cette financiarisation soulève des questions, notamment autour de l’indépendance des pharmaciens, certains acteurs en relativisent l’impact. « Aujourd’hui, c’est Hygie31 qui est financiarisé, mais certainement pas les officines du réseau. Les pharmaciens restent pleinement indépendants dans leurs décisions et leurs partenariats », insiste Hervé Jouves, président de Hygie31. Selon lui, l’ouverture à des capitaux extérieurs constitue avant tout un levier de croissance, dans un environnement officinal traversé par de fortes turbulences.

Des fédérations d’indépendants

À côté de ces deux modèles aux philosophies bien distinctes, s’impose une troisième voie : celle des groupements d’indépendants, réunis au sein de fédérations régionales, nationales ou de GIE. Parmi eux, on retrouve Leadersanté, Apsagir, Pharmactiv ou encore Pharmabest. « Notre capital est détenu exclusivement par des pharmaciens. Nous sommes totalement indépendants, sans aucun lien avec des fonds d’investissement. Cela nous permet une vraie liberté de décision, sans les lourdeurs parfois associées au modèle coopératif », explique Alexis Berreby, cofondateur de Leadersanté. Ces fédérations défendent un modèle fondé sur l’autonomie des adhérents et une gestion souple, privilégiant la réactivité et la proximité dans les prises de décision.

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